Nov 07

RELAXE POUR UNE EX-SYNDICALISTE D’AREVA, REJUGÉE POUR AVOIR MIS EN SCÈNE SON AGRESSION

Versailles – Maureen Kearney, ancienne syndicaliste d’Areva accusée d’avoir mis en scène une agression à son domicile, sur fond d’accord entre le groupe nucléaire et la Chine auquel elle était opposée, a été relaxée mercredi en appel, après avoir été jugée coupable en première instance.

La cour d’appel de Versailles a ainsi infirmé le jugement prononcé par le tribunal correctionnel en juillet 2017. Elle n’a cette fois pas suivi le ministère public, qui avait requis cinq mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende, soit la confirmation de la peine prononcée en première instance pour « dénonciation mensongère« .

« Nos arguments ont été reçus. C’est un soulagement pour la défense de Mme Kearney, après toutes ces années de procédure qui l’ont éprouvée« , a réagi Me Balthazar Lévy, l’un des avocats de la syndicaliste.

« Je suis totalement innocente« , avait en effet clamé sa cliente le 20 septembre devant la cour.

Maureen Kearney avait été retrouvée en décembre 2012 par sa femme de ménage à son domicile des Yvelines, ligotée à une chaise, bâillonnée, un manche de couteau introduit dans le vagin et un « A » scarifié sur le ventre.

« Il n’y aura pas de troisième avertissement. Arrête de t’occuper de ce qui ne te regarde pas« , avait déclaré, selon Maureen Kearney, son agresseur.

Professeur d’anglais dans la société Saint-Gobain Nucléaire, filiale d’Areva (devenu Orano), elle était à l’époque secrétaire CFDT du comité de groupe européen du géant du nucléaire.

Du fait de ses fonctions, elle s’était farouchement opposée à un accord entre Areva, EDF et l’opérateur nucléaire chinois CGNPC permettant des transferts de technologie en vue du développement d’un nouveau réacteur chinois.

Elle jugeait cet accord dangereux, compte tenu de la sensibilité des informations transmises qui, selon elle, mettaient en péril le maintien de l’emploi sur le territoire français.

Maureen Kearney avait aussitôt lié son agression à cet accord, mais les enquêteurs avaient relevé des incohérences entre ses déclarations et leurs constatations.

Ils n’ont trouvé aucune trace papillaire ou ADN hormis celles de Mme Kearney, son mari ou leur femme de ménage sur la scène du crime. Et surtout, tous les objets ayant servi à l’agression provenaient du domicile, « ce qui contrarie l’hypothèse d’une agresseur organisé« , avait souligné l’avocate générale.

La syndicaliste avait indiqué avoir tout inventé pendant l’enquête avant de se rétracter un mois plus tard, assurant avoir été victime de pressions en garde à vue.

AFP / 07 novembre 2018 14h34

https://www.romandie.com/news/Relaxe-pour-une-ex-syndicaliste-d-Areva-rejugee-pour-avoir-mis-en-scene-son-agressioAreva, syndicaliste, n/969231.rom