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FERMETURE DE RÉACTEURS : PAS AVANT 2043 À CHINON ?

Concernée par les annonces de la PPE, la centrale nucléaire pense pérennité, malgré les menaces qui pèsent sur elle. Elle prévoit même de s’étendre.

Le 27 novembre, le président Emmanuel Macron dévoilait la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Un document qui acte la montée en puissance des énergies renouvelables. Quelles répercussions sur la centrale nucléaire de Chinon ? Réponses.

> Pourquoi acheter des terrains ?

« Pour se préparer à faire face aux enjeux d’exploitation de notre centrale. » La réponse adressée par Antoine Ménager, directeur du Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) d’Avoine, laisse ouvertes les perspectives. A Chinon, l’achat « d’une centaine » d’hectares de terrains est évoqué. « Nous avons besoin de place pour organiser et abriter les travaux [NDLR, consistant à porter à un demi-siècle la durée de vie des réacteurs], aménager des lieux de stockage de gros matériel, de préparation et de pré-fabrication », détaille le patron du CNPE.

Jusqu’à 5.000 personnes seraient attendues lors des pics d’activité. Le double d’un arrêt de tranche moyen.

> Préparer la place aux EPR ?

Ces réserves foncières accueilleront des réacteurs de nouvelle génération, « le cas échéant », reconnaît Antoine Ménager, renvoyant « aux décisions qui seront prises en 2021 ». L’objectif de réduire d’ici à 2035 la part du nucléaire à 50 % du mix énergétique devrait être précisé à ce moment-là par EDF via son programme de déploiement des EPR notamment. « Rien n’est décidé et cela s’inscrit dans un délai long. Quoi qu’il en soit, nous devons nous préparer », tranche le directeur.

> Pas de négociations en cours.

Aucun nouveau terrain n’a pour le moment été acheté. Où se trouvent les parcelles visées par EDF ? « Pas de complément d’information », répond-on à la centrale de Chinon. D’après ce que nous savons, le géant de l’électricité disposerait d’une réserve foncière de 90 hectares acquise dans les années 1990. Quarante supplémentaires pourraient intéresser l’opérateur, côté Néman à Avoine.

> Annonces de Macron : fermer un réacteur à Chinon ?

Âgés en moyenne de 30 ans, les réacteurs 900 MW de Chinon comptent parmi les plus jeunes du parc nucléaire français. Ils n’échapperont pas à une fermeture, dont les arbitrages se discuteront plus tard. C’est du moins le discours en lequel veut croire la direction de la centrale d’Avoine. « Je suis convaincu que la performance des sites sera prise en compte », défend Antoine Ménager. En termes de production et de sûreté. Dans un premier temps.

Pas de fermeture de centrale, dit la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Un cap qui milite « plutôt pour un panachage » des réacteurs à débrancher. EDF devra proposer une liste de 14 réacteurs 900 MW à fermer, conformément aux annonces d’Emmanuel Macron.

À Chinon, le réacteur B1 sera le premier à atteindre 50 ans de production, en 2033. Si la décision d’amener les installations à 60 ans était prise – le 1,7 milliard d’euros investis en Touraine dans le Grand Carénage milite en ce sens –, B4 serait concerné en… 2049. « Chinon, c’est encore vingt ou trente ans avant de se poser la question » d’une fermeture, insiste Antoine Ménager.

> Le cap des 40 ans.

Les visites de 2013 et 2016 ont validé l’extension de la durée d’exploitation à 40 ans pour les réacteurs B1 et B2. B3 sera inspecté en avril 2019 et B4 en 2020, avec un examen de sûreté. La grande étape reste celle des 40 ans, fixée à 2023 pour B1. Un programme annoncé par EDF comme étant « sans commune mesure ».

Repères

Une concertation publique est prévue en février 2019 à Avoine pour le passage des réacteurs à quarante années d’exploitation. Une discussion prévue par la loi.

Publié le 22/12/2018 à 04h55 | Mis à jour le 22/12/2018 à 08h49

https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/fermeture-de-reacteurs-pas-avant-2043-a-chinon