Déc 27

LE CONCURRENT DE L’EPR EN FINLANDE LUI AUSSI CONFRONTÉ À DES RETARDS

Le consortium russo-finlandais Fennovoima a du mal à obtenir l’aval du régulateur local pour commencer la construction.

L’argument était régulièrement mis en avant par Fennovoima : le projet de réacteur nucléaire du consortium russo-finlandais sur la péninsule de Hanhikivi, dans l’ouest de la Finlande, ne souffrait d’aucun retard, contrairement à l’EPR construit par Orano à Olkiluoto. Las, il ne pourra désormais plus l’utiliser.

Alors qu’il affirmait encore en juin pouvoir assurer la mise en service en 2024, Fennovoima a annoncé que celle-ci n’interviendrait pas avant 2028. Un retard mis sur le compte de difficultés pour obtenir le permis de construire : si le projet a reçu l’aval du gouvernement finlandais dès 2010, il doit maintenant recevoir l’aval de l’autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection STUK.

Des difficultés à convaincre l’autorité locale de sûreté nucléaire

En septembre 2017, le consortium avait déjà annoncé que celui-ci n’arriverait pas avant 2019 – alors qu’il était attendu pour 2018. Désormais, « l’objectif est de l’obtenir et de commencer la construction en 2021 », a-t-il précisé  dans un communiqué.

Selon le « Financial Times », l’agence russe Rosatom,  qui fournit le réacteur nucléaire à eau pressurisée de 1.200 MW/h, a du mal à remplir les nombreuses exigences de la STUK. Un camouflet pour le projet, qui se targuait d’utiliser une technologie déjà éprouvée – avec une première mise en service d’un réacteur de ce type, en Russie, en 2016 – pour assurer sa ponctualité. « Fennovoima fournit actuellement à la STUK les plans du réacteur pour obtenir son approbation », poursuit le communiqué.

Dix ans de retard pour l’EPR

Orano n’est donc plus seul à subir d’importants retards sur un projet de réacteur nucléaire en Finlande. En juin, le calendrier du constructeur français – qui est partenaire de l’Allemand Siemens sur ce projet –  avait une nouvelle fois subi des modifications. Alors que la mise en service était prévue pour mai 2019, elle est désormais programmée pour le mois de septembre de la même année. De quoi porter à dix ans le retard total du projet.

L’électricien finlandais TVO a précisé que ce nouveau glissement de calendrier était dû à un problème de « vibrations détectées sur certains tuyaux » lors d’essais « à chaud » – qui permettent de tester les réactions de la chaudière en conditions de température et de pression réelles. Et le temps presse pour le consortium franco-allemand : si la mise en service du réacteur devait être repoussée au-delà de janvier 2020, il devrait payer 20 millions d’euros de pénalité par mois de retard.

Florian Maussion

Cet article a été publié sur: https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0600412516699-le-concurrent-de-lepr-en-finlande-lui-aussi-confronte-a-des-retards-2232564.php que nous vous invitons à consulter régulièrement.