Déc 27

LOIR-ET-CHER : SORTIR DU NUCLÉAIRE TIENT LA CENTRALE DE SAINT-LAURENT SOUS HAUTE SURVEILLANCE

Projets fonciers, état des réacteurs, gestion des déchets… L’association Sortir du nucléaire ne quitte pas la centrale de Saint-Laurent des yeux.

Notre mission, c’est informer, informer, informer ! Les risques, les coûts, les achats de terres agricoles, les projets de “ nouveau nucléaire ”, le démantèlement, la piscine de stockage de déchets… La liste des sujets auxquels s’intéresse l’association Sortir du nucléaire Loir-et-Cher (SDN 41) est aussi variée que fournie. Créée il y a une douzaine d’années, SDN 41 est coprésidée depuis un an par Jean Coly, un ancien ingénieur sanitaire habitant à Mer, et Didier Narbeburu, ancien salarié d’une organisation non gouvernementale demeurant à Blois.

L’abandon du nucléaire au profit des énergies renouvelables est l’objectif ultime de l’association, mais sa vingtaine de membres actifs scrutent avec attention tout ce qui concerne le nucléaire en général, la centrale de Saint-Laurent en particulier. Deux de ses membres siègent d’ailleurs au sein de la CLI (Commission locale d’information). Aussi, quand il a été question au conseil municipal de Mer des velléités d’achat de terres agricoles par EDF, a-t-elle réagi au quart de tour. « On s’est rapproché très vite des agriculteurs les plus concernés, raconte Jean Coly, et on a pris connaissance de la lettre qu’EDF leur avait envoyée, mi-septembre. » Des informations que l’association fait remonter aussitôt au sein de son réseau, notamment celui du collectif Loire et Vienne auquel elle appartient, et qui contribuent à mettre au jour des opérations foncières similaires autour des autres sites de la région (140 ha à Belleville, 90 à 100 ha à Dampierre, 120 ha à Chinon, à ajouter aux 116 ha à Saint-Laurent) et ailleurs en France (*).
« On n’a toujours aucune réponse d’EDF quant à la destination de ces terres, même si nous avons posé directement la question au directeur de la centrale de Saint-Laurent, rappelle Didier Narbeburu, mais nous, on y voit bien de futures implantations de ce qu’Emmanuel Macron a appelé “ le nouveau nucléaire ” : soit un EPR classique, avec une puissance de 1650 MW, même si c’est un fiasco technologique et financier avéré, soit des SMR, de petits réacteurs de 300 à 350 MW. »

La consultation tout juste lancée pour une prolongation de 10 ans du fonctionnement des deux réacteurs actuels (lire la NR du 15 décembre) à l’issue de leur 4ème visite décennale (2024 pour le réacteur B2, 2025 pour le réacteur B1), ne fait que renforcer leur conviction.

“ Faire durer les vieux réacteurs ”

« Il faut faire durer ces vieux réacteurs, pour lesquels aucun investissement lourd n’a été fait depuis leur mise en service, jusqu’à pouvoir faire la jonction avec ce fameux “ nouveau nucléaire ”, tout est là ! »

SDN 41 a relevé d’autres indices de la volonté de poursuivre cette politique de l’énergie nucléaire, « jusque dans les propos de la CGT Énergie, qui évoque régulièrement l’obligation de nouvelles centrales en s’appuyant sur la politique de développement des véhicules électriques, détaille Didier Narbeburu, mais c’est nous refaire le coup des radiateurs électriques ! »

Rien ne justifie la poursuite d’activité du nucléaire pour ces militants, pas même le poids économique d’une centrale comme celle de Saint-Laurent. « Le démantèlement des réacteurs et le développement des énergies renouvelables apporteront autant d’emplois sur le territoire », affirment les deux coprésidents, concédant cependant qu’« il faudra une volonté politique forte » pour s’engager dans cette transition.
SDN 41 voit cependant depuis 3 ou 4 ans des signes encourageants, « des gens qui écoutent, même s’ils ne sont pas forcément d’accord, et qui posent des questions, alors qu’avant, le nucléaire était tabou localement », témoigne Jean Coly. On peut compter sur SDN 41 pour continuer à aborder le sujet sous tous ses angles.

Contact : sortirdunucleaire41@gmail.com

Le site internet : http://sdn41.fr  (*)

Une pétition : https://www.cyberacteurs.org a été lancée pour demander au gouvernement et aux élus locaux de s’opposer à l’extension des sites nucléaires.

Publié le 27/12/2018 à 04:55 | Mis à jour le 27/12/2018 à 07:54

https://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/commune/saint-laurent-nouan/loir-et-cher-sortir-du-nucleaire-tient-la-centrale-de-saint-laurent-sous-haute-surveillance

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