Jan 25

PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DE L’ÉNERGIE : LE NUCLÉAIRE MAINTENU MALGRÉ UNE HAUSSE DES RENOUVELABLES

Le tant attendu projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a enfin été publié ce vendredi 25 janvier, avec quelques surprises. En effet, si la France a prévu de porter à 40% la part d’énergies renouvelables dans la production d’électricité à horizon 2030, le nucléaire tiendra malgré tout une place importante dans le mix électrique du pays d’ici là.

Les détails.

Brièvement présentée par Emmanuel Macron et François de Rugy en novembre dernier, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a été dévoilée dans son intégralité ce vendredi 25 janvier.

Pour autant, le projet devra encore convaincre plusieurs instances, dont le Conseil national de la transition écologique (CNTE), et être soumis au public via une consultation sur Internet avant d’être publié au Journal officiel. D’ici là, nul doute que certains ajustements seront proposés !

En effet, la nouvelle PPE, qui porte sur les périodes 2019-2023 et 2024-2028, a repoussé de 10 ans l’échéance des 50% de nucléaire dans le mix énergétique, désormais prévue pour 2035. Pour ce faire, 14 réacteurs devront fermer, dont 4 à 6 dans les 10 prochaines années.

Plus de renouvelables, moins d’énergies fossiles

Si la réduction du nucléaire se fera progressivement donc, le mix énergétique fera malgré tout la part belle aux énergies renouvelables. Conformément à la loi de transition énergétique, qui vise les 40% d’énergies renouvelables dans la production d’électricité en 2030, chaque filière s’est vue dotée d’objectifs de développement ambitieux.

Le gouvernement espère tout particulièrement accélérer l’essor de l’hydroélectricité, du solaire photovoltaïque et de l’éolien en mer, qui représentent « les filières les plus compétitives : les fortes baisses de coûts observées dans ces filières permettent le développement de capacités importantes avec des soutiens publics réduits par rapport aux projets antérieurs », estime le ministère de la Transition écologique et solidaire.

En parallèle, la PPE vise naturellement à réduire l’usage des énergies fossiles (-35% d’ici 2028 par rapport à 2012) afin de limiter, par là même, les émissions de gaz à effet de serre. Outre la fermeture des centrales à charbon d’ici fin 2022, le gouvernement prévoit également le remplacement de 10 000 chauffages charbon et d’un million de chaudières au fioul dans les 5 ans à venir. Les ménages pourront, dans ce sens, bénéficier d’un nouveau soutien lancé ce 24 janvier.

Une carte à jouer pour le bâtiment

Plus généralement, le logement tiendra une place prépondérante dans cette nouvelle feuille de route énergétique, l’État ayant fixé à 2,5 millions le nombre de biens à rénover à horizon 2023 « dont la moitié occupée par des ménages modestes ». D’autre part, 3,4 millions d’habitations seront raccordés à un réseau de chaleur. La production de chaleur renouvelable devra d’ailleurs progresser de 40% d’ici à 2028 afin d’être en adéquation avec les ambitions de la PPE.

Autant d’objectifs qui devraient, selon l’exécutif, avoir un impact direct l’environnement économique du pays. En effet, 475 000 emplois devraient être créés d’ici à 2028 dans le cadre de la Programmation, qui devrait également permettre de gagner 2,3 points de PIB.

Éco-construction | Le 25 janvier 2019

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