Jan 28

LA FRANCE VEUT SE DOTER D’ARMEMENTS HYPERSONIQUES

La ministre française des Armées, Florence Parly, en promet un premier essai en vol « d’ici fin 2021 ».

Selon les spécialistes, ils permettent à leurs détenteurs d’avoir un coup stratégique d’avance. Les armements hypersoniques, capables de déjouer les défenses antimissiles, ont donc tout naturellement intéressé la France, qui a annoncé lancer un projet pour en développer. 

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« Nous avons décidé de notifier un contrat pour un démonstrateur de planeur hypersonique« , capable de se déplacer à une vitesse supérieure à Mach 5, soit plus de 6 000 km/h, a annoncé en début de semaine la ministre française des Armées, Florence Parly, en promet un premier essai en vol « d’ici fin 2021« . 

La France conduit déjà des études sur la propulsion hypersonique dans le cadre de la modernisation de son arsenal de dissuasion nucléaire. Mais l’intérêt du planeur, propulsé dans un premier temps par une fusée ou un missile, réside dans l’imprévisibilité de sa trajectoire, à même de déjouer une interception. 

« Nous ne pouvions plus attendre »

« Un planeur hypersonique, c’est quelque chose qu’on arrive à diriger et qui atteint des vitesses supérieures à cinq fois la vitesse du son. L’objectif, c’est la manœuvrabilité à haute vitesse. C’est en ça qu’on va se différencier d’une trajectoire balistique« , explique la Direction générale de l’armement (DGA). « Une fois la vitesse initiale acquise, on va jouer sur les transferts entre la vitesse et l’altitude pour monter, descendre, aller à droite ou à gauche, ce qui donne une trajectoire plus difficile à intercepter. Si on est visé par une défense (antimissile), on peut opérer des manœuvres d’évitement. » 

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« Beaucoup de nations s’en dotent, nous disposons de toutes les compétences pour le réaliser: nous ne pouvions plus attendre« , a-t-elle fait valoir. En effet, trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu, dont fait partie la France, sont déjà bien partis dans cette course aux armements avec leurs propres programmes : les États-Unis, la Chine et la Russie. 

Fin décembre, Moscou a vanté les capacités de ses nouvelles armes hypersoniques « pratiquement » impossibles à abattre, après un test au cours duquel un vecteur hypersonique baptisé « Avangard » a atteint sa cible au terme de 4000 kilomètres parcourus à 33 000 km/h, selon le Kremlin.  

États-Unis, Chine et Russie déjà dans la course

La Chine, elle, aurait testé avec succès, à plusieurs reprises depuis 2014, un planeur hypersonique d’une portée de 2000 km et dont la vitesse se situerait entre Mach 5 et Mach 10. « Le développement des armes hypersoniques de la Chine nous a dépassés« , estimait l’an dernier l’amiral américain Harry Harris, chef du commandement militaire pour le Pacifique (Pacom). 

Washington, qui mène plusieurs projets ambitieux dans ce domaine, a également l’intention de positionner une partie de sa défense antimissile dans l’espace, afin de détruire un vecteur hypersonique menaçant à son apogée. 

Côté DGA néanmoins, on reconnaît avoir « relativement peu d’expérience » dans le domaine, et qu’il faudra plusieurs années avant les premières mises en place. 

Par LEXPRESS.fr, publié le 27/01/2019 à 16h18

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