Fév 13

L’OTAN OUVRE LE DÉBAT SUR LA RÉPONSE AUX MISSILES RUSSES

Les ministres de la défense de l’Otan se réunissent, mercredi 13 et jeudi 14 février, à Bruxelles. Au cœur des discussions, les conséquences de la disparition du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).

L’Otan doit se préparer à « vivre dans un monde sans traité de désarmement nucléaire dans lequel il y aura de plus en plus de missiles russes » a affirmé, mardi 12 février, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, à la veille d’une réunion des ministres de la défense de l’Alliance.

Moins de deux semaines après la décision des États-Unis et de la Russie de quitter le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), le sujet sera au cœur des discussions, mercredi 13 et vendredi 14 février, à Bruxelles.

L’accord, signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, a permis l’élimination en Europe de tous les missiles de croisière et missiles balistiques américains et soviétiques lancés depuis le sol et ayant une portée se situant entre 500 et 5 500 km.

Washington accuse Moscou de l’avoir violé en déployant son nouveau missile Novator 9M729 qui serait en mesure de frapper des villes européennes. Moscou conteste, affirmant, – sans en apporter la preuve –, que la portée de cet armement est limitée à 480 km.

Clause de retrait de six mois

Le traité prévoit une clause de retrait de six mois avant l’entrée en vigueur de la décision. Les alliés européens espèrent, sans trop y croire, que des négociations puissent reprendre pendant cet intervalle. Incapables de s’unir à temps sur une position commune, pour faire prévaloir le respect des règles du traité FNI auprès des Russes et des Américains, les pays européens de l’Otan craignent maintenant de devenir les otages d’une nouvelle compétition entre grandes puissances. Washington et Moscou veulent avoir les mains libres pour pouvoir réagir contre Pékin qui développe des armements interdits par le traité FNI.

Comment les pays de l’Otan vont-ils répondre aux déploiements de missiles russes ? Le débat, appelé à s’étaler sur de longs mois, pourrait susciter des tensions au sein de l’Alliance. Les Européens de l’Ouest n’ont pas le même point de vue sur la réponse à donner à la menace russe que la Pologne, la Roumanie et les Pays Baltes.

Varsovie plaide en faveur du stationnement de missiles nucléaires américains en Europe. Berlin s’oppose à une nouvelle course aux armements. Le déploiement de missiles conventionnels à longue portée, l’élargissement du programme de défense antimissile de l’Otan et le rôle de la dissuasion nucléaire font partie des options. « Toutes nos mesures seront coordonnées, mesurées et défensives » temporise Jens Stoltenberg. « L’Alliance n’a pas l’intention de déployer des nouveaux missiles nucléaires terrestres en Europe. »

En dehors de cette question cruciale pour la sécurité du Vieux continent, les ministres échangeront également sur l’initiative pour la disponibilité opérationnelle de l’Otan, dite « initiative des quatre 30 », qui doit permettre le déploiement de 30 navires de combat, de 30 bataillons terrestres et de 30 escadrons aériens dans un délai de 30 jours et sur le « partage du fardeau ». La journée du jeudi 14 février sera consacrée aux missions et opérations de l’Otan en Afghanistan, au Kosovo et en Irak.

Deux nouveaux seront autour de la table : le secrétaire américain à la défense Patrick Shanahan, successeur par intérim de Jim Mattis, l’ancien chef du Pentagone remercié en décembre par Donald Trump, et la ministre de la défense de la République de Macédoine du Nord. Invitée officielle, Radmila Sekerinska participe sans voix délibérative aux réunions ministérielles, en attendant que l’ensemble des parlements des vingt-neuf pays membres de l’Alliance ratifient le protocole d’accession de son pays à l’Alliance signé le 6 février.

François d’Alançon, le 13/02/2019 à 6h46

https://www.la-croix.com/Monde/LOtan-ouvre-debat-reponse-missiles-russes-2019-02-13-1201002152