Fév 15

THORIUM, DÉCHETS RADIOACTIFS, FUSION NUCLÉAIRE : CANULARS ET FAKE NEWS

Communiqué de l’Observatoire du nucléaire

En ce moment circulent des « informations » stupéfiantes sur le nucléaire, tellement stupéfiantes que ce sont tout simplement des bobards, hoax et autres fake news.

 

. Le Thorium

C’est le énième retour (sur le web) des centrales nucléaires au Thorium, qui promettent un nucléaire « propre, sans danger, peu cher et aux ressources combustibles illimitées« . Rien que ça.

Il suffirait presque de remplacer dans les centrales actuelles l’Uranium par du Thorium et le tour serait joué. Or le Thorium n’est pas fissile (il ne crée pas la réaction nucléaire), il est seulement fertile. Cela signifie que la filière nucléaire « au Thorium » est en réalité celle des SURGÉNÉRATEURS de type Superphénix.

La différence est que, au lieu de bombarder de neutrons l’Uranium 238 (fertile) pour obtenir du plutonium 239 (fissile), on doit bombarder le Thorium 232 (fertile) pour obtenir de l’Uranium 233 (fissile).

Oui mais voilà : cela fait 50 ans que l’industrie nucléaire mondiale échoue à faire fonctionner des surgénérateurs, avec la filière la moins compliquée (Uranium). Alors ce n’est pas demain matin que ça marchera avec du Thorium…

Fin de la supercherie.

. Déchets radioactifs et Prix Nobel

La France compte depuis quelques mois un nouveau prix Nobel de Physique, spécialiste des lasers, Gérard Mourou, qui est aussi un petit plaisantin. Ce blagueur prétend en toute simplicité régler à grands coups de rayons lasers (on se croirait dans Star Wars) la question insoluble des déchets radioactifs.

« On peut réduire la radioactivité d’un million d’années à 30 minutes » prétend-il. Mais ce qui est (et encore : peut-être) possible en laboratoire, sur une quantité infime et à très grands frais, est probablement impossible techniquement et assurément totalement ruineux si l’on veut s’attaquer aux quantités industrielles de déchets radioactifs produits par l’industrie de l’atome.

D’ailleurs, notre « héros » gagne déjà du temps en signalant que lui et ses amis du CEA pourraient « montrer quelque chose d’ici 10 ou 15 ans« … Un bon Prix Nobel de blagues…

. Fusion nucléaire

Voilà qui nous fait penser à la fusion nucléaire dont les physiciens eux-mêmes disent que « C’est une énergie d’avenir… mais elle le restera toujours !« .

Le 23 mars 1988, Le Monde titrait ainsi « Fusion nucléaire : la « voie laser » est ouverte« . Eh oui, ce bon vieux laser servait déjà aux effets d’annonce.

Le 12 novembre 1991, Le Monde titrait « Les Européens franchissent un pas décisif dans la fusion thermonucléaire » et le 12 décembre 1993, égalisation 1-1 par les USA : « Les Américains effectuent une percée dans la fusion thermonucléaire« .

Un quart de siècle plus tard, tout ce petit monde s’est rassemblé (y compris avec les Japonais, les Russes, les Chinois, etc) pour échouer ensemble dans le projet Iter (lire absolument cet article de l’excellent Antoine Calandra sur : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/04/11/ITER%2C-mensonges%2C-niaiseries-%E2%80%A6-et-fiasco-in%C3%A9luctable%21-la-situation-au-printemps-2017 ) qui réussit seulement à atomiser des milliards après avoir défiguré la Provence.

. Nucléaire : enfin du concret !

Oui, en matière de nucléaire il existe quand même du concret : la faillite d’Areva, celle programmée d’EDF, les chantiers catastrophiques et sans fin des EPR de Finlande et de Flamanville (qui devaient respectivement entrer en service en 2009 et 2012 !), le scandale sans limites des pièces nucléaires défectueuses produites au Creusot (cf la procédure en justice lancée par l’Observatoire du nucléaire et le scandale de la cuve défectueuse de l’EPR validée par la prétendue « autorité » de prétendue « sûreté » nucléaire. Etc…

Par Stéphane Lhomme, Directeur de l’Observatoire du nucléaire, publié le 14 février 2019

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article360