Fév 16

ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS EN ALGÉRIE : «UN CRIME QUI A ENCORE DES CONSÉQUENCES»

«Il y a nécessité d’approfondir la recherche scientifique sur les essais nucléaires français en Algérie. Des essais qui sont un véritable crime dont les effets témoignent, à eux seuls, de l’atrocité de cet acte», c’est ce qu’a déclaré le ministre des Moudjahidines, lors d’une conférence organisée, jeudi dernier, par le musée national, à l’université des sciences et technologies Houari-Boumediène, de Bab-Ezzouar (USTHB).

Cette rencontre a été rehaussée par la présence du ministre de la Communication, M. Djamel Kaouane, et de nombreux universitaires. Le ministre a indiqué que le peuple algérien a souffert de la privation de son environnement, de son pays, de sa dignité, non sans souligner qu’il est «heureux d’être présent pour commémorer ce tragique événement afin que les générations montantes n’oublient pas» et s’intéressent à l’histoire de leur pays. «Ce crime parmi les crimes du colonisateur français a semé la peur, la mort est a encore des conséquences aujourd’hui. Ainsi, la mémoire nationale est la source à laquelle s’abreuvent toutes les générations», a-t-il fait savoir non sans affirmer que «se remémorer ces évènements est un devoir à même de rappeler l’atrocité des crimes coloniaux perpétrés contre le peuple algérien».

Zitouni a, par ailleurs, souligné que le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika a, de par ses orientations, consacré toutes les initiatives portant ancrage et protection de la mémoire historique en encourageant l’organisation régulière de conférences et de rencontres scientifiques.  

De son côté, le recteur de l’USTHB, Mohamed Saïdi, a affirmé que «l’environnement souffre encore des retombées de ces essais» non sans soutenir, à cet égard, que la présence du ministre à cette conférence est la preuve que l’État accorde une place centrale à ce dossier et à la protection de la mémoire collective. Plusieurs intervenants se sont succédé pour aborder plusieurs thématiques tournant autour de cette tragédie.

Dans ce même sillage, un documentaire a été diffusé retraçant le lancement du premier essai nucléaire et l’impact de ce crime innommable, sur la santé des Algériens.

C’est un certain 13 février 1960 à 7h, que l’armée coloniale a procédé, sous le nom de code «cynique» Gerboise bleue à l’explosion de sa première ‘‘bombe A’’ qui a engendré des retombées tant sur une grande partie de l’Algérie que sur plusieurs pays limitrophes. Il convient notamment de signaler que cette première explosion a été réalisée dans la région de Reggane avec une puissance variant entre 60 000 et 70 000 tonnes de T.N.T. Cette bombe est cinq fois plus puissante que celle lancée sur Hiroshima, selon plusieurs experts.

Enfin, il faut rappeler que l’avocate Maître Fatma-Zohra Benbraham, qui était l’hôte de notre forum de la mémoire mercredi dernier, a annoncé qu’elle comptait se joindre au dirigeant indépendantiste polynésien Oscar Temaru, qui a intenté un procès devant la Cour pénale internationale (CPI) contre l’État français, en raison des essais nucléaires en Polynésie.

«L’ancien président polynésien m’a saisie par courrier, en affirmant que les Algériens et les Polynésiens doivent mener ensemble ce combat contre ce crime perpétré par la France dans les deux pays, et j’ai accepté, en tant qu’avocate des victimes de ces essais nucléaires, d’aller devant la Cour pénale internationale avec les représentants de la Polynésie pour revendiquer l’indemnisation des Algériens victimes de cette tragédie», soulignera l’avocate, affirmant être convaincue que «c’est là, le seul recours qui reste pour ces populations qui souffrent jusqu’à ce jour des conséquences de ces expériences nucléaires».

Par Sami Kaïdi, publié le 16-02-2019 à 0h00

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