Fév 19

VALENCE : « IL FAUT ARRÊTER LES CENTRALES NUCLÉAIRES » MARTÈLE LE PREMIER MINISTRE QUI A GÉRÉ FUKUSHIMA AU JAPON

Naoto Kan était Premier ministre au Japon quand éclata la catastrophe nucléaire de Fukushima. Aujourd’hui, il milite pour l’arrêt des centrales nucléaires partout dans le monde. Il est à Valence (Drôme) depuis lundi soir.

Naoto Kan doit visiter le laboratoire de la CRIIRAD, la Commission de Recherche et d’Information indépendantes sur la Radioactivité, ce mardi matin. Lundi soir, il a présenté le film « Fukushima, le couvercle du soleil » au cinéma le Navire à Valence. Ce long-métrage, qui sort officiellement le 6 mars, retrace les premiers jours de la catastrophe nucléaire. 

« Jusqu’à l’accident, je pensais qu’avec la technologie, on arriverait à contrôler« 

L’ancien Premier ministre japonais veut alerter sur les dangers du nucléaire. C’est devenu son combat. Naoto Kan, 72 ans, l’assure : dès que, dans un pays, des militants anti-nucléaires lui demandent de venir témoigner de la catastrophe de Fukushima, il vient pour dire « arrêter les centrales« . Ce physicien de formation n’est pourtant pas un anti-nucléaire de la première heure : « jusqu’à l’accident de Fukushima, je pensais qu’avec la technologie, on arriverait à contrôler tous les événements sur les centrales. Ce jour-là, j’ai compris que c’était impossible. Les conséquences pouvaient être tellement énormes, que j’ai changé à 180° ma manière de penser. »

Le 11 mars 2011, quand débute l’accident, personne ne sait l’ampleur qu’il peut prendre. Les experts, dans le pire scénario, envisagent l’évacuation des habitants dans un rayon de 250 km autour de la centrale. Tokyo serait alors dans le périmètre, 50 millions d’habitants évacués pour des dizaines d’années, la moitié du Japon inhabitable. Naoto Kan est au pouvoir, mais comme tous, il est impuissant : « en fait ce n’est pas une question de pouvoir. Moi, Premier ministre, je ne pouvais rien, mais pas seulement moi. Les scientifiques, les experts, les techniciens, personne ne pouvait rien. »

Militant pour les énergies renouvelables

La France a pris des mesures pour renforcer la sécurité des centrales nucléaires après Fukushima. À Tricastin, à Cruas et ailleurs, on renforce des digues, on met des groupes électrogènes en secours pour être sûr qu’il y ait toujours une alimentation électrique pour refroidir le cœur du réacteur. Des mesures qui ne rassurent pas l’ancien Premier ministre japonais : « et en plus, si on n’avait que l’énergie nucléaire pour produire l’électricité, on pourrait se dire que c’est un risque à prendre. Mais on a d’autres sources pour faire de l’électricité. Regardez l’Allemagne. Ils ont décidé de sortir du nucléaire en 2020, ils ont les énergies renouvelables, c’est tout à fait possible. Donc d’une part, un risque énorme ; d’autre part l’existence d’autres sources d’énergie pour l’électricité : il n’y a pas photo. »

Quand on dit à Naoto Kan que les centrales font vivre des milliers de personnes chez nous, il est persuadé que les énergies renouvelables peuvent générer autant d’emplois.

Nathalie RodriguesFrance Bleu Drôme Ardèche, publié le mardi 19 février 2019 à 3h18

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