Mar 02

ODEUR NUCLÉAIRE

Belgique : Aïe, ça pue. Ou plutôt ça n’effluve rien de bon. Parce que les rayons mortels de la radioactivité, ça n’a pas d’odeur. Comme l’argent.

On le sent pourtant venir mieux qu’une merde de chien sous sa chaussure. Les lobbys de l’atome sont à l’action. Et les politiques, N-VA en tête et Destexhe à la remorque, relaient leur message: il faut renoncer à sortir du nucléaire en 2025, maintenir deux ou trois réacteurs, et même en construire des neufs. Au nom de l’écoréalisme (où le préfixe «éco» vient plus d’économie que d’écologie).

On nous explique sans rire que les voitures électriques ne seront pas tout à fait propres, décarbonées, sans production nucléaire. Que le photovoltaïque ça fait des bulles très chères, qui ne profitent qu’à quelques égoïstes. Que les éoliennes, ça a moins de panache dans le paysage qu’une centrale à Tihange.

En juillet 1977, 60 000 personnes manifestaient contre l’énergie nucléaire civile et Superphénix, à Creys-Malville, dans l’Isère. Un homme, Vital Michalon, y laissa la vie. L’exploitation de cette centrale sera stoppée 20 ans après cette mort impunie. D’autres se sont construites depuis.

Le 23 octobre 1983, ce sont 400 000 pacifistes qui défilaient à Bruxelles pour exiger le retrait des missiles nucléaires américains. Du jamais vu! 35 ans plus tard, des ogives restent stockées à Kleine-Brogel. Si j’évoque ce passé, l’inertie, c’est à l’intention des milliers de jeunes qui marchaient hier, à nouveau, pour dénoncer l’inaction climatique. Ne vous laissez pas duper, et ne vous découragez pas.

Jean-Christophe HERMINAIRE – L’Avenir, publié le 1er mars à 6h00

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20190228_01303435/odeur-nucleaire