Mar 07

CIVAUX : LA MAINTENANCE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE POINTÉE DU DOIGT

L’Autorité de sûreté nucléaire estime que dans le domaine de la sûreté, la centrale est en retrait en 2018 par rapport à la moyenne du parc national.

Reprendre en main la qualité de la maintenance à la centrale de Civaux. C’est l’une des exigences fortes qu’a exprimée, mardi, la cheffe de la division de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de Bordeaux, à l’occasion de l’assemblée générale de la Commission locale d’information (CLI) de Civaux, à l’hôtel du Département, à Poitiers.

Animée par son président délégué Roger Gil, elle a été l’occasion de présenter le bilan 2018 et les perspectives 2019 de la centrale ainsi que l’évaluation conduite par l’ASN (24 inspections sur site dont 7 inopinées).

Le point noir de l’évaluation ASN « Sur 23 événements déclarés en 2018, 5 étaient de niveau 1 sur l’échelle INES, c’est beaucoup et c’est plus que l’année précédente », explique Hermine Durand en pointant de « nombreuses erreurs » au niveau de la maintenance sur le site de production. C’est « le point noir » de l’évaluation conduite par le gendarme du nucléaire sur le site de production poitevin qui est « en retrait dans la moyenne nationale du parc français ». Le second point d’amélioration concerne les rejets de la centrale dans l’environnement qui, selon l’ASN, doivent être mieux contrôlés.

Il n’en fallait pas plus pour que cela soulève un certain nombre de questions principalement dans les rangs des représentants des associations environnementales. À l’image de Jacques Terracher (Aceve) qui s’interroge : « Manque d’effectifs ou manque de rigueur ? » Sans remettre en cause l’analyse de l’ASN, le directeur de la centrale, Mikaël Gevrey, précise qu’au niveau environnemental, le site de Civaux est dans la moyenne.
Pas d’impact sur la sûreté de la centrale S’il ne se satisfait pas de la situation, il ajoute que l’inspection renforcée de l’ASN a mis en avant un certain nombre de points. « On le traite », indique-t-il, rappelant qu’aucun incident significatif n’a eu d’impact et de conséquence sur la sûreté.

Le directeur met aussi l’accent sur les progrès réalisés depuis plusieurs années dans le domaine de l’exploitation. Après une année 2018 chargée, 2019 devrait être une année de transition. Elle sera mise à profit pour apporter des solutions en terme technique, d’organisation et de compétence, pour être capable de faire face à un programme industriel chargé de 2020 à 2022. La construction d’un bassin de confinement ultime de 100 m3, à l’échéance du premier semestre 2021, s’inscrit dans cette volonté.

Publié le 07/03/2019 à 04h55, mis à jour le 07/03/2019 à 07h37

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