Mar 10

SÉOUL NOMME UN NOUVEAU MINISTRE POUR RENFORCER LE DIALOGUE AVEC PYONGYANG

Le président Moon Jae-in a nommé vendredi 8 mars Kim Yeon-chul, 54 ans, expert de la coopération économique avec Pyongyang, au poste de nouveau ministre de l’unification. Objectif : relancer les échanges après l’échec du sommet de Hanoï.

En dépit de l’échec du sommet de Hanoï, le président sud-coréen veut renforcer le processus de pacification avec la Corée du Nord. Dans le cadre d’un remaniement gouvernemental plus vaste, Moon Jae-in, partisan convaincu depuis toujours d’un rapprochement avec la Corée du Nord, a nommé un de ses proches, Kim Yeon-chul, 54 ans, à la tête du ministère de l’unification, qui gère les questions relatives à la République démocratique et populaire de Corée (RDPC).

Une semaine après la deuxième rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un dont Séoul attendait beaucoup pour la paix et la coopération économique, le président Moon veut reprendre l’initiative et renforcer encore le rapprochement avec son voisin nord-coréen.

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Favorable au réchauffement entre les deux Corées

Kim Yeon-chul, qui dirigeait depuis l’an passé l’Institut coréen pour l’unification nationale, un organe gouvernemental, est un proche du président Moon dont il partage les convictions d’une « diplomatie de la rencontre » avec Pyongyang et Kim Jong-un. Il avait, l’an passé, salué sa décision de profiter de la tenue des Jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud pour tendre la main vers le Nord.

En revanche, en 2016, au moment des tests nucléaires et de missiles nord-coréens, il s’était opposé à la présidente conservatrice Park Heun-hye (destituée et condamnée à 24 ans de prison) qui avait ordonné la fermeture de la zone industrielle de Kaesong en Corée du Nord, symbole de la coopération entre les deux nations.

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Les perspectives d’une relance du dialogue économique restent difficiles

Partisan d’un « engagement actif » vis-à-vis du voisin nord-coréen, Kim Yeon-chul avait déclaré au début de l’année que « 2019 sera l’année de l’application » des décisions prises entre Séoul et Pyongyang en septembre 2018 sur le plan économique. Il est convaincu que les sanctions de l’ONU votées contre Pyongyang ont été inutiles pour empêcher le Nord de se doter de l’arme nucléaire et appelle depuis longtemps à l’assouplissement de ces sanctions afin de créer un climat de confiance entre le Nord et les États-Unis.

Autant dire qu’à l’issue de l’échec du sommet de Hanoï, les perspectives d’une relance des projets de coopération comme la réouverture de Kaesong et la relance du complexe touristique des Mont du Diamant (fermé depuis 2008 après qu’un soldat nord-coréen a tiré et tué une touriste sud-coréenne) apparaissent assez sombres.

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Les dernières déclarations du responsable américain de la sécurité nationale John Bolton menaçant la Corée du Nord d’un renforcement des sanctions si aucune concession n’est faite, n’augurent rien de favorable. Face à ces nouveaux défis, Kim Yeon-chul appelle à « trouver des solutions créatives en consultation avec les États-Unis afin de rouvrir Kaesong et le complexe des Monts du Diamant ».

Dans un livre publié l’année dernière et intitulé 70 ans de dialogue entre le Sud et le Nord, Kim Yeon-chul défend clairement l’idée que « sans dialogue, il n’y aura pas de solution », précisant que tous les acteurs en présence dans la région « devaient négocier avec la Corée du Nord telle qu’elle est et non comme ils aimeraient qu’elle soit ».

Par Dorian Malovic, publié le 10/03/2019 à 11h45

https://www.la-croix.com/Monde/Asie-et-Oceanie/Seoul-nomme-nouveau-ministre-renforcer-dialogue-Pyongyang-2019-03-10-1201007695