Mar 11

KOLIN KOBAYASHI À LONGWY : « RIEN NE PERMET DE CONFINER LA RADIOACTIVITÉ » À FUKUSHIMA

Jeudi 14 mars, le journaliste japonais Kolin Kobayashi viendra à Longwy présenter un film sur la catastrophe nucléaire de Fukushima. Un sujet et une ville qu’il connaît parfaitement.

Le journaliste japonais Kolin Kobayashi présentera le film de fiction Fukushima, le couvercle du soleil, jeudi 14 mars à 20h, à Kinepolis Longwy.

Le synopsis : le 11 mars 2011, le Japon est secoué par un séisme, suivi d’un tsunami et de la triple catastrophe nucléaire de Fukushima. L’équipe du Premier ministre Naoto Kan tente de faire face à cette situation. Que s’est-il passé réellement à la résidence du Premier ministre au moment de la pire crise de l’histoire du pays ? La vérité a-t-elle été entièrement révélée ?

Qui êtes-vous ?

Kolin KOBAYASHI  : « Je suis le correspondant parisien de la revue japonaise Days Japan et je travaille pour d’autres médias de mon pays. Je suis installé en France depuis 1970. Mes domaines : les minorités, les droits de l’Homme et, depuis 2011, la catastrophe nucléaire de Fukushima. Sur ce sujet, j’ai coordonné beaucoup de choses entre la France et le Japon : les forums sociaux mondiaux antinucléaires, la venue de Naoto Kan à l’Assemblée nationale en France, etc. »

Vous étiez à Paris au moment de la catastrophe ?

« Oui, et je tentais d’avoir toutes les infos possibles. Ma famille vit toujours là-bas, et je rentre régulièrement au Japon.

J’avais déjà été très choqué par la catastrophe de Tchernobyl, et là, j’ai été bouleversé. Deux mois avant février 2011 et Fukushima, on sortait, avec le Days Japan , un dossier mettant en avant les risques pour le pays : tsunamis, tremblement de terre et accident nucléaire. Ça a été la panique totale, car dès qu’un réacteur entre en fusion, plus rien ne peut l’arrêter. Tout est hors de contrôle. Le film « Le couvercle du soleil » le montre : aucun pays, même la France, aujourd’hui, ne peut gérer ça.

L’accident se poursuit encore actuellement au Japon, car rien ne permet de confiner la radioactivité, qui se transmet partout. »

Vous allez régulièrement à Fukushima ?

« Oui, dans cette ville où il y a 100 à 200 fois plus de cancers de la thyroïde chez les enfants qu’ailleurs, que les autorités disent sans lien avec l’accident. Ces mêmes autorités qui ont relevé les normes pour ne plus avoir à gérer les conséquences. Imaginez ainsi que des épreuves des Jeux olympiques de Tokyo 2020 auront lieu à Fukushima, sur des sols contaminés lourdement. Le gouvernement essaie de normaliser la situation à tout prix. »

Vous êtes devenu antinucléaire ?

« Bien sûr. On peut se passer de cette énergie dangereuse dont on va payer les conséquences durant des centaines de milliers d’années. Mon pays l’a montré juste après la catastrophe en stoppant tous les réacteurs, et en faisant des économies d’énergie, tout simplement. Même si ça ne représentait avant 2011 qu’un tiers du total de l’énergie consommée, on peut s’en passer. Et on doit, car les accidents peuvent survenir partout, en France également. L’erreur est humaine. Et dans le nucléaire, l’erreur ne pardonne pas. »

Tarif unique : 5 €.

Propos recueillis par Sébastien BONETTI, publiés le 11/03/2019 à 12h00

https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-longwy/2019/03/11/rien-ne-permet-ce-confiner-la-radioactivite