Mar 22

DES « LACUNES » AU CEA DE CADARACHE, L’ASN MET EN GARDE !

Des graves dérives dans l’organisation du travail « relation sous-traitant / exploitant ». Il faudrait peut-être faire une reconstitution de cet incident avec nos collègues sur place qui, eux, savent exactement qui est responsable ! Quand l’appât du gain pour les entreprises extérieures prend le dessus sur la sûreté et sécurité…il y a un souci non ? La falsification de rapport d’activité erroné deviendrait la règle du marché ?

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a mis en demeure, mardi, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) d’être plus rigoureux pour l’exploitation de l’une des unités de son centre de Cadarache, à la suite d’un incident survenu en 2017.

L’annonce fait suite à la chute en octobre 2017 d’un colis de déchets radioactifs de 500 litres, d’une hauteur d’environ 5 mètres, dans un puits d’entreposage de la station de traitement des déchets du centre de Cadarache (Bouches-du-Rhône).L’incident n’a eu en soi « aucune conséquence sur la sécurité des personnes et sur l’environnement. En particulier, les balises de mesure de la radioactivité de l’installation et les contrôles effectués sur le colis n’ont révélé aucun signe de rupture du confinement des matières radioactives du colis », relève l’ASN. Toutefois, le gendarme du nucléaire observe que le problème a été détecté tardivement – en juillet 2018 – avant de lui être signalé par le CEA.

« Lacunes importantes »

En menant une inspection dans la foulée, l’ASN « a constaté des lacunes importantes en matière de rigueur d’exploitation et de culture de sûreté dans cette installation ». Cet « événement significatif » a été classé « au niveau 1 de l’échelle INES », c’est-à-dire qualifié d’« anomalie » (1). Dans une décision dévoilée mardi, l’ASN met en demeure le CEA « de se conformer […] aux exigences réglementaires qui touchent à l’analyse du retour d’expérience, au classement de sûreté d’un équipement et aux contrôles techniques des activités ».

« Nous allons prendre les mesures qui s’imposent pour satisfaire la demande de l’ASN », a réagi un porte-parole du CEA de Cadarache.

Cinq mille employés

Cadarache est un gros centre de recherche du CEA, qui emploie cinq mille personnes, avec des réacteurs de recherche, des laboratoires et des installations pour la gestion des matières et des déchets nucléaires.

Seule l’une de ses unités est visée par la décision de l’ASN annoncée mardi: il s’agit de l’installation nucléaire de base (INB) dite 37-A, une station de traitement et de conditionnement de déchets solides. Le centre de Cadarache compte une vingtaine d’INB au total.

  1. Cette échelle, graduée de 0 à 7, a été créée après la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine) en 1986. Elle permet « d’aider la population et les médias à comprendre immédiatement la gravité d’un incident ou d’un accident dans le domaine nucléaire » selon l’Institut de la radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Ainsi, de 0 à 3, on parle d’« incident » ; de 4 à 7, on emploie le terme d’« accident ».

Par mazonecontrolee, le 21 mars 2019 

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