Mar 26

GILETS JAUNES, CITOYENS, ASSOCIATIFS, DÉPUTÉS, SÉNATEURS…NOUS DEVONS DÉLÉGITIMER ET POUVONS ABOLIR LA VIOLENCE D’ÉTAT DU PRÉSIDENT MACRON

L’État dispose du monopole de la violence légitime. Quand cette violence supposée légitime devient manifestement illégitime, l’État lui-même et ses institutions perdent leur légitimité. Le peuple a alors le droit et le devoir de s’insurger. Le chef de l’État doit se soumettre au réquisit du peuple souverain et revenir au respect de la Constitution. Ou se démettre. Ou être démis. Pour forfaiture.

Aujourd’hui, le pire danger qui nous menace tous sans exception, que nous ayons ou pas des problèmes de fin de mois, ce sont les quelque 14 500 bombes atomiques existantes, dont plusieurs milliers sont prêtes à partir en quelques minutes. La fin du monde n’est pas un fantasme, ni même une perspective climatique à moyen ou à long terme, elle peut réellement se produire à tout instant : aujourd’hui, demain, après-demain. Seule l’omerta sciemment entretenue par les pouvoirs en place avec la complicité d’une partie de la presse et des médias à la solde des marchands d’armes, nous empêche de prendre conscience de cet incroyable danger.

Même sans catastrophe, ces bombes pèsent sur nos fins de mois. Les 300 bombes françaises ont coûté plus de 300 milliards d’euros. Une seule bombe revient donc à plus d’un milliard et continue de nous coûter, année après année. Pour les renouveler, M. Macron a prévu de dépenser 37 milliards d’ici 2025, sans compter leur entretien. Il prétend que les aides sociales coûtent « un pognon de dingues », mais il a prévu d’augmenter de 50 % le budget consacré aux armes atomiques. C’est un hypocrite ou un schizophrène et en tout cas, il agit en toute bonne conscience de manière parfaitement immorale.

Sous ses dehors de playboy, c’est un criminel et un mafieux. Quelle organisation fourbit des armes pour pratiquer des assassinats ? La mafia. M. Macron – comme ses prédécesseurs à la présidence de la Vème République – transforme la France en mafia internationale, au mépris de tous ses engagements comme de sa propre constitution et des valeurs qu’elle proclame. La fraternité notamment. M. Macron continue à fourbir avec ardeur des bombes de 7 à 22 fois plus puissantes que celle d’Hiroshima, qui fit au moins 200 000 morts et en fait encore (par ses retombées radioactives, comme Tchernobyl). Ce sont des armes de massacre, d’extermination, d’atteinte au génome humain, de crime contre l’humanité. Et M. Macron se déclare prêt à les utiliser. Préparer un crime est un crime. Qu’il soit monstrueux n’arrange rien.

Pire que tous ses prédécesseurs, arrogant, sûr de lui et dominateur, M. Macron n’hésite pas à utiliser des armes mutilantes, grenades et LBD, contre ses concitoyens. Semaine après semaine, il cherche à mater les Gilets jaunes, mater son peuple exaspéré et garder le pouvoir à n’importe quel prix. Par la ruse – roublardises, carabistouilles, séances de séduction et « Grand débat national » – ou par la force. Tous les moyens sont bons. Malgré toutes les protestations, y compris dans les rangs des « gardiens de la paix« , malgré l’avis du défenseur des droits, il entend conserver ces armes qui ne sont pourtant pas des instruments de maintien de l’ordre, mais, elles aussi, des armes criminelles. Il entend en user en toute impunité, exactement comme de la bombe atomique. C’est elle qui conforte son arrogance naturelle. Elle lui donne un sentiment d’impunité et de supériorité sur tous ses concitoyens. À juste titre, car un seul Français a le « droit » de liquider des millions d’êtres humains sans avoir à rendre de compte à personne : lui-même. S’il a ce « droit » exclusif, ce privilège exorbitant, pourquoi se priverait-il du droit de mutiler à vie quelques dizaines de misérables manifestants qui osent traverser la rue pour contester sa toute-puissance ?

Il existe pourtant un moyen simple, efficace, pacifique, légal et constitutionnel, de ramener l’individu Macron à sa juste place : l’obliger à négocier avec les autres États dotés d’armes nucléaires l’abolition de leurs armes, comme la France s’y est engagée en signant en 1992 le Traité de Non-Prolifération (TNP). Priver le Président de son bon plaisir tyrannique en faisant irruption dans son prétendu « domaine réservé » : défense et diplomatie, le peuple français le pourra quand le référendum d’initiative citoyenne (RIC) existera. Mais il le peut dès à présent par un « référendum d’initiative partagée » (RIP) prévu depuis 2008 à l’article 11, alinéa 3, de la Constitution. Il a ce moyen à portée de main. Il suffit qu’il s’en empare. Il pourrait même, avec l’appui de 20 % des parlementaires, s’en emparer pour créer le RIC et trancher par la suite bien d’autres questions majeures.

Une proposition de loi référendaire signée par 30 députés et sénateurs existe d’ores et déjà depuis le 23 janvier 2019. Elle pose la question : « Approuvez-vous que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

À cette question, 85% des Français répondent OUI selon un sondage IFOP-ACDN de mai 2018. Et 82 % se déclaraient prêts à soutenir la proposition de loi si celle-ci advenait, alors que 10 % « seulement » de soutiens citoyens sont requis (environ 4,5 millions d’électeurs inscrits). Reste donc à convaincre de la signer 155 députés et sénateurs sur 925, pour atteindre les 20% de signatures requises. Sachant que 126 membres de l’ancien Parlement avaient, en avril 2017, signé une proposition de loi similaire, c’est faisable, semble-t-il, si les citoyens, électeurs et contribuables, sont assez nombreux à les interpeller. N’y a-t-il pas au moins un parlementaire sur cinq capable d’écouter sa conscience et de suivre sa raison avant ses intérêts personnels ou ses consignes partisanes ?

Gilets jaunes et autres révoltés de la « démocratie française » placée en dépôt de bilan, devraient interpeller leurs élus au Parlement pour remettre les pendules à l’heure, éloigner l’aiguille de l’Apocalypse de minuit moins 2, sa position actuelle, et injecter de l’humanisme dans le cerveau présidentiel. Ils gagneront ainsi le pouvoir de décider sans exception de tous les droits, vrais ou faux, qui affectent leur vie et peuvent, soit la protéger, soit l’accabler, soit même l’anéantir. Nous avons tous le droit de vivre dignement. Nous avons tous le droit de vivre, tout court. Et M. Macron, alias Jupiter depuis son PC du même nom, n’a pas le droit de nous priver de nos droits.

Qu’il persiste en dépit de la Constitution et de tous les avertissements qu’il a reçus relève, on l’a dit, de la forfaiture. Sa majorité à l’Assemblée nationale devrait elle-même le comprendre et en tirer la conclusion logique. Pour éviter la violence de rue comme pour la surmonter, l’État républicain n’a pas à faire assaut de violence, mais à montrer l’exemple, pratiquer la justice et les vertus qu’il prêche, respecter l’humanité chez ses citoyens comme chez les autres, bannir la terreur d’État chez lui comme chez les autres.

Paul Quilès, ancien ministre de la Défense, a justement titré ses Réflexions sur le désarmement nucléaire : « Nucléaire, un mensonge français ». Il faut en effet un énorme tissu de mensonges pour masquer la violence de ces armes et l’absurdité des élucubrations dissuasives. De proche en proche, ce mensonge corrompt, par son cynisme et sa tartuferie au service d’une petite élite dominante, tout le tissu social.

Finissons-en donc avec la terreur atomique, et nous en finirons avec les grenades mutilantes. Ce sera un changement de logiciel. Un changement d’ère. Un changement d’air. Un souffle de salubrité dans les écuries d’Augias.

« Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité… ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. » (Albert Camus, Combat, 8 août 1945)

Jean-Marie Matagne, Gilet jaune
Président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)

Publié le 26 mars 2019

Pour s’informer : www.acdn.net
Pour agir ensemble : contact@acdn.net

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1159&lang=fr