Mar 27

LE COÛT FARAMINEUX DU FUTUR PORTE-AVIONS FRANÇAIS

Le porte-avions Charles de Gaulle partira à la retraite en 2040. Le ministère des Armées réfléchit déjà à un successeur.

Au rapport. Le 12 mars dernier, Jean-Philippe Rolland, le commandant de la Force d’action navale et ancien commandant du porte-avions Charles de Gaulle, a été entendu par une commission de l’Assemblée nationale. Objectif de la séance : faire le point sur la capacité opérationnelle du porte-avions Charles de Gaulle, fleuron de la Marine nationale. Pour rappel, celui-ci a repris la mer début mars, après 18 mois de rénovations au port de Toulon. Principalement portés sur la modernisation du système de combat et sur l’optimisation des installations de maintenance aéronautique pour le Rafale, les travaux ont coûté 1,3 milliard d’euros et ont mobilisé 2.000 personnes par jour pendant toute la durée des rénovations. Un passage au stand indispensable au navire, puisque le Charles de Gaulle, en service depuis 2001, arrive à la moitié de sa vie, en attendant sa retraite, prévue pour 2040.

Mais, que se passera-t-il ensuite ? Pour y répondre, la ministre des Armées Florence Parly a lancé en octobre une phase d’étude de 18 mois concernant la construction d’un futur porte-avions. Une concertation dont le but était d’identifier le mode de propulsion qui serait choisi (nucléaire ou à moteurs conventionnels), le type de catapulte qui serait installé pour lancer le Rafale ou encore s’il serait nécessaire d’équiper le futur navire en drones de combat. Ces décisions permettront de définir le gabarit du prochain porte-avions, qui devrait probablement surclasser celui du Charles de Gaulle. “Nous devrons être réalistes mais ambitieux, a déclaré la ministre des Armées. “Et grâce à ces études approfondies, imaginatives et rigoureuses, nous pourrons poser les bases de l’organisation industrielle nécessaire pour le bâtir, en respectant les délais et les coûts”.

S’agissant des coûts, justement, l’amiral Jean-Philippe Rolland a donné quelques précisions ce 12 mars, devant la commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée nationale. “Aujourd’hui, l’ordre de grandeur s’élève à cinq milliards d’euros au bas mot et même davantage si la propulsion nucléaire est retenue”, a répondu l’amiral aux députés. À cela, il faut ajouter les coûts de fonctionnement, qui devraient tourner autour des 200 millions d’euros par an, comme c’est le cas pour le Charles de Gaulle. “Il comprend 120 millions d’euros pour l’entretien, 60 millions d’euros de rémunérations et de charges sociales (pour les militaires et employés embarqués, ndlr) et 20 millions d’euros d’entretien des infrastructures associées”, a précisé le commandant la Force d’Action Navale.

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Cependant, Jean-Philippe Rolland n’a pas manqué l’occasion de rappeler aux députés qu’acheter plusieurs porte-avions amortirait les coûts de développement, voire même ceux liés à la construction du bâtiment. Pour l’amiral, cela rendrait aussi la flotte aérienne embarquée plus disponible. Celle-ci deviendrait mobilisable tout au long de l’année, sans pour autant avoir à acquérir de nouveaux avions, puisque les modèles déjà en service pourraient passer d’un navire à l’autre. Idem pour les équipages : la Marine nationale ne disposait pas de deux effectifs complets lorsque les porte-avions Clemenceau et Foch étaient en service.

Quoi qu’il en soit, les premières décisions concernant le ou les futurs porte-avions français sont attendues à partir de 2020. Quant à la commande, il y a très peu de chance qu’elle voit le jour avant 2025, date de clôture de l’actuelle loi de programmation militaire.

Par Sébastien Meurs, publié le 27/03/2019 à 16h56

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