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CONCESSIONS HYDRAULIQUES : LA FRANCE FAIT BARRAGE À L’UE

À l’heure du marché concurrentiel de l’énergie souhaité par Bruxelles, la France a longtemps tenté de freiner cette ouverture à la concurrence. Elle devra, à l’horizon 2023, renouveler les contrats de nombreuses concessions.

C’est un serpent de mer, mais qui serait allé piquer une tête dans nos rivières. Depuis la fin des années 2000, la Commission européenne n’a de cesse de rappeler la France à l’ordre pour qu’elle ouvre à la concurrence son parc de barrages hydroélectriques (première source d’électricité renouvelable en France). Si l’État en est propriétaire, ce parc est aujourd’hui exploité à plus de 80 % par EDF – avec 433 barrages – via des contrats de concessions.

150 concessions arrivent à échéance

Problème : d’ici à 2023, les contrats d’environ 150 concessions sur 400 arriveront à échéance. Jusqu’ici la législation française autorisait le renouvellement ou la prolongation de certains de ces contrats sans recourir à des appels d’offres. Mais à l’heure du marché concurrentiel de l’énergie, Bruxelles ne veut plus en entendre parler. Et demande à la France, mais également à l’Autriche, l’Allemagne, la Pologne, le Portugal, la Suède, l’Italie ou encore le Royaume-Uni, de se mettre au pas.

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Une lettre de mise en demeure a été envoyée à chacun de ces États membres début mars. Ils disposent de deux mois, jusqu’à fin avril donc, pour répondre aux arguments avancés par la Commission. Et si l’État français et EDF freinaient jusqu’à maintenant des quatre fers pour remettre en concurrence des barrages dont ils s’occupaient parfois depuis plusieurs décennies, l’épineux dossier à venir de la réorganisation d’EDF risque de peser dans les négociations. Et le groupe sera bien forcé de faire quelques concessions, hydrauliques ou pas. (NDLR : et si la France refusait tout simplement, que se passerait-il ? Si les pays concernés en faisaient autant, que pourrait la commission ?Osons !! La gestion des débits de nos fleuves et rivières est vitale pour celle de notre énergie électrique. Pas de concessions s’il vous plaît.)

Par Erwan Benezet, publié le 15 avril 2019 à 7h47

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