Avr 23

LANDES : UN ANCIEN MILITAIRE ACCUSE L’ÉTAT DE L’AVOIR IRRADIÉ

Un Landais de 47 ans, habitant à Miramont-Sensacq, vient de porter plainte contre l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui« . Gravement malade, il estime avoir été irradié sur un site militaire français, où il était chargé de surveiller des missiles nucléaires.

Lény Paris se bat pour que l’État soit reconnu responsable de sa maladie

Souffrant de fibromyalgie et de nécrose osseuse, Lény Paris a décidé de rentrer « en combat » contre l’État. Persuadé d’avoir été irradié par des missiles nucléaires français, lorsqu’il était militaire, en 1990 et 1991, il a déposé plainte, à Mont-de-Marsan, pour mise en danger de la vie d’autrui.

Reconnu handicapé à 80%, ce Landais ne sort plus de chez lui. À 47 ans son squelette est celui d’un « vieillard » : ses os sont tellement fragiles qu’ils peuvent se casser à tout moment. « Tous les professeurs de rhumatologie que j’ai vus étaient complètement stupéfaits de voir un squelette dans un état pareil à mon âge. Ils n’ont jamais vu ça » assure Lény Paris à France Bleu Gascogne.

C’est à l’âge de 28 ans, en 2000, que cet ex-militaire découvre sa maladie : en marchant, un os de sa cheville se brise, de manière totalement incompréhensible. « Un médecin m’a fait faire une radio et a vu que j’ai un squelette complètement fichu, foutu, un squelette de vieillard. » Depuis, la situation s’est encore dégradée et Lény Paris a décidé de se battre pour trouver un responsable.

La piste des missiles nucléaires du plateau d’Albion

Quand Lény Paris apprend que des irradiations peuvent provoquer un vieillissement prématuré du corps, il fait tout de suite le lien : il a été soldat en 1990 et 1991 sur un site militaire français hautement stratégique, le site nucléaire du plateau d’Albion, dans le département du Vaucluse. La France y a stocké des missiles nucléaires, que Lény Paris était justement chargé de surveiller, en tant que fusilier commando.

Sur le plateau d’Albion, il se trouve parfois à seulement quelques mètres des têtes nucléaires, muni d’un simple masque à gaz et d’une combinaison. Ces équipements n’étaient « ni décontaminés ni lavés » avant d’être donnés à la relève suivante. Si Lény Paris n’a pas eu conscience, à l’époque, d’un quelconque danger, il est persuadé que l’État connaissait les risques, puisque des dosimètres (instrument permettant de mesurer le niveau de radioactivité) étaient installés sur le site.

L’armée, de son côté, conteste tout lien entre la maladie de Lény Paris et son activité de militaire. Selon l’armée, la dose de radioactivité qu’il aurait pu recevoir est trop faible pour qu’elle puisse engendrer une maladie.

« Je me battrai, jusqu’au bout » répond Lény Paris. Après avoir perdu plusieurs procès contre l’État, au civil, il vient pour la première fois de déposer une plainte au pénal, à Mont-de-Marsan. Il a par ailleurs créé une association, réunissant d’autres victimes du plateau d’Albion.

© Radio France – Renaud Biondi-Maugey

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