Mai 02

KANG SOULIGNE LA «VOLONTÉ CLAIRE» D’AMÉLIORER LES RELATIONS AVEC LE JAPON

SÉOUL, 02 mai (Yonhap) — La ministre des Affaires étrangères Kang Kyung-wha a souligné jeudi la «volonté claire» de la Corée du Sud d’améliorer ses relations avec le Japon, orientées vers le futur, en promettant de poursuivre le dialogue diplomatique pour donner un nouvel élan.

Lors d’une conférence de presse, Kang a également déclaré que des efforts diplomatiques pour la paix sur la péninsule coréenne étaient en cours «sous la surface» malgré la rupture du sommet entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en février dernier à Hanoï.

«Pour ce qui est du Japon qui est entré dans une nouvelle ère avec le couronnement de l’empereur Naruhito hier, (la Corée du Sud) continuera à favoriser le développement des relations orientées vers l’avenir en faisant face fermement à l’histoire», a indiqué Kang. «La volonté de notre gouvernement est claire quant au développement des relations entre la Corée du Sud et le Japon, orientées vers l’avenir.»

Les relations entre les deux voisins se sont refroidies ces derniers mois dans un contexte de tensions liées au travail forcé imposé par le Japon en temps de guerre et la querelle militaire déclenchée par Tokyo en prétendant qu’un navire de guerre sud-coréen a visé un avion de patrouille maritime japonais avec un radar de contrôle de tir en décembre dernier.

En ce qui concerne la question du travail forcé, elle a dit que Séoul déployait des efforts pour gérer les relations avec Tokyo en se focalisant sur la guérison des blessures des victimes du travail forcé d’un point de vue humanitaire.

Quant au processus de paix sur la péninsule coréenne, la ministre sud-coréenne a indiqué que les efforts diplomatiques, basés sur la volonté des dirigeants des deux Corées et des États-Unis, continuaient à faire des progrès.

«En cherchant la reprise rapide du dialogue avec le Nord à travers de tels efforts diplomatiques, (le Sud) poursuivra ses efforts pour des progrès substantiels sur la dénucléarisation», a dit Kang.

Cette dernière n’a pas dévoilé les efforts menés en coulisse mais a dit que Séoul prenait en considération de multiples options, y compris l’envoi d’un représentant spécial à Pyongyang, pour faire sortir de l’impasse les négociations sur le nucléaire avec le Nord.

Les discussions nucléaires entre Washington et Pyongyang sont tombées dans l’impasse après que le sommet Trump-Kim au Vietnam s’est terminé sans accord, car les deux parties n’ont pas réussi à combler leurs écarts d’opinions sur la dénucléarisation de Pyongyang et la levée des sanctions par Washington.

«Il y a divers moyens diplomatiques, y compris l’envoi d’un représentant spécial. Par rapport à la date, ce n’est pas une décision que nous pouvons prendre seuls, donc il est difficile de dire quand (et avec quels moyens)», a-t-elle indiqué.

À propos de la demande du Nord de remplacer le secrétaire d’État américain Mike Pompeo par un négociateur «plus attentif et mûr», Kang a décrit le diplomate américain comme un interlocuteur «très franc et pragmatique».

En répondant à une question sur la nécessité de reprendre les pourparlers à six en suspens sur la dénucléarisation de Pyongyang, la ministre a déclaré que les États-Unis et le Nord se concentraient sur le dialogue bilatéral et que s’ils aboutissent à un accord, d’autres pays coopéreront pour le processus d’application de l’accord.

La possibilité de pourparlers à six, qui réunissent les deux Corées, les États-Unis, la Chine, le Japon et la Russie, a émergé après que le président russe Vladimir Poutine a mentionné la plate-forme multilatérale lors de son sommet avec le dirigeant nord-coréen la semaine dernière.

Les remarques de Poutine semblaient montrer son désir de maintenir son influence sur les contours géopolitiques de la péninsule coréenne en participant à un format de dialogue multilatéral.

En outre, Kang a demandé à la Corée du Nord d’avoir une perspective «globale», car les États-Unis cherchent une approche complète pour conclure un accord élargi et l’appliquer progressivement.

Pyongyang préfère aller étape par étape, une approche graduelle visant à rallonger les discussions nucléaires pour obtenir plus de concessions, selon des observateurs.

Face à une question sur la décision des États-Unis de ne pas prolonger l’exemption de sanctions contre les importations de pétrole iranien, Kang a répondu que le gouvernement s’efforcerait de minimiser les impacts sur les entreprises sud-coréennes qui dépendent fortement du condensat iranien pour fabriquer des produits pétrochimiques.

«Même si nous avons insisté (sur l’extension) pour diverses occasions, nous n’avons pas pu l’obtenir malheureusement», a-t-elle ajouté, se référant à l’exemption qui expirera demain.

Ces dernières semaines, avant la date d’expiration, Washington s’est montré ferme en s’opposant à une extension de l’exemption pour souligner sa volonté de mettre une pression maximale pour ramener les exportations de pétrole iranien à zéro et supprimer la principale source de revenus de la république islamique.

De plus, sur le plan humanitaire, Kang a réitéré la position de Séoul d’offrir de l’aide au Nord appauvri indépendamment de la situation politique. «Cependant, il doit y avoir également la volonté pour cela de la communauté internationale, à mon avis.» Elle a ajouté que Séoul voulait apporter promptement des aides humanitaires au Nord mais elle n’a pas donné de calendrier.

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