NUCLÉAIRE : EN SEPTEMBRE, ROMILLY-SUR-SEINE AURA AUSSI SES PASTILLES D’IODE

1 : Romilly-sur-Seine entre dans le nouveau périmètre

La prise en compte des retours d’expérience de l’accident nucléaire de Fukushima a poussé les autorités à faire évoluer la doctrine nationale et à élargir le périmètre de la zone PPI (plan particulier d’intervention) de 10 à 20 km autour de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine : 65 communes supplémentaires l’intègrent, dont 18 de l’Aube, 26 de Seine-et-Marne, 19 de la Marne, 2 de l’Yonne. Romilly-sur-Seine entre donc dans ce périmètre. L’ensemble des six communes de la communauté de communes des Portes de Romilly en fait désormais partie.

2 : En septembre, des pastilles d’iode à retirer en pharmacie

L’une des mesures les plus emblématiques pour les habitants est le retrait en pharmacie de comprimés d’iode stable à prendre en cas d’accident nucléaire sur instruction des autorités. Les maires des nouvelles communes en ont été informés il y a quelques jours par la préfecture et EDF. En juin, toute la population concernée recevra un courrier ; médecins et pharmaciens seront conviés à des réunions d’informations. En septembre, un courrier invitant particuliers, établissements recevant du public (ERP) et établissements scolaires, à venir retirer leurs comprimés d’iode en pharmacie sera envoyé. Des réunions publiques seront organisées dans les nouvelles communes à l’initiative des maires.

3 : En cas d’accident nucléaire, des risques de contamination

En cas d’accident nucléaire pouvant conduire à une libération de substances radioactives dans l’environnement, la radioactivité peut atteindre les habitants par exposition externe ou interne : par inhalation de particules radioactives, par ingestion d’aliments contaminés ou par passage cutané (par le biais d’une plaie).

4 : En cas d’accident nucléaire, que faire ?

En cas d’accident nucléaire, la population est donc invitée à écouter les médias afin de suivre les instructions des pouvoirs publics. Dans un premier temps, par précaution, les habitants peuvent être invités par le préfet à se mettre à l’abri dans les communes à 4,5 km à la ronde ; à évacuer sur 5 km si l’événement peut conduire à la fusion de combustible nucléaire ; ou bien à se voir interdire la consommation de denrées alimentaires comme des produits frais (fruits et légumes, lait frais, eau du puits…). « Dans un deuxième temps, les calculs des experts permettent d’adapter les actions de protection et notamment de décider de la prise d’iode stable », explique la préfecture.

5 : Prendre de l’iode, pour quoi faire ?

La prise d’iode stable permet de protéger la glande thyroïde. « Sans ingestion de comprimé d’iode stable, la glande thyroïde est non protégée et l’iode radioactif se fixe sur la thyroïde », a expliqué aux maires concernés la préfecture : « Avec ingestion de comprimé d’iode stable, la glande thyroïde est protégée et l’iode radioactif est éliminé par les voies naturelles. » (NDLR : à condition de prendre le comprimé AVANT la contamination). D’où la nécessité pour les habitants d’en avoir à disposition dans la pharmacie, en cas de besoin et uniquement sur instruction des autorités.

6 : Un site internet et un numéro vert

Pour plus de renseignements sur les actions de protection en cas d’alerte nucléaire, le site internet www.distribution-iode.com est à disposition du grand public. Un numéro vert sera en place dès le 3 juin du lundi au vendredi de 10 h à 18 h 30 et le samedi de 10 h à 12 h : 0800 96 00 20. De janvier à mai 2020, les riverains seront relancés s’ils ne viennent pas retirer leurs comprimés d’iode. La dernière campagne de distribution d’iode avait eu lieu en 2016 sur le périmètre jusqu’à 10 km autour de la centrale : plus de 55 % des foyers avaient retiré leurs comprimés.

Consultation publique du 4 mai au 3 juin

Le nouveau périmètre du Plan particulier d’intervention (PPI) de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine comprend donc, à présent, 100 communes sur quatre départements pour 80 394 habitants, soit 56 531 habitants supplémentaires. À partir de samedi jusqu’au 3 juin, une consultation publique est organisée dans les mairies et les sous-préfectures concernées

Par Sandra Roger, mis en ligne le 2/05/2019 à 17h59

Photo Laurianne Perman

https://abonne.lest-eclair.fr/id62010/article/2019-05-02/nucleaire-en-septembre-romilly-sur-seine-aura-aussi-ses-pastilles-diode