Mai 19

EN POLITIQUE ÉTRANGÈRE, LES PARIS DE DONALD TRUMP MAL ENGAGÉS

S’il a d’abord gagné certaines manches, ses chances de succès semblent davantage compromises aujourd’hui — sans avoir totalement disparu.

La politique étrangère de Donald Trump traverse une mauvaise passe. De l’Iran à la Corée du Nord, du Venezuela à la Chine, le président des États-Unis a multiplié les coups de poker diplomatiques. S’il a d’abord gagné certaines manches, ses chances de succès semblent davantage compromises aujourd’hui — sans avoir totalement disparu.

Iran, l’escalade

En claquant la porte, en mai 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien, Donald Trump tenait son engagement contre ce texte jugé insuffisant pour empêcher Téhéran de fabriquer la bombe atomique et surtout endiguer son influence « déstabilisatrice » au Moyen-Orient.

Mais un an plus tard, malgré des sanctions draconiennes, la République islamique n’a rempli aucune des douze conditions émises par Washington pour renouer le dialogue. Et les alliés européens des États-Unis continuent de contester la décision du président américain.

Le face-à-face s’est en outre brusquement tendu début mai, lorsque la confrontation s’est déplacée sur le terrain militaire: pour contrer une présumée « menace imminente » en « lien direct avec l’Iran« , le Pentagone a multiplié les déploiements dans le Golfe. Quitte à donner l’image d’une administration qui veut en découdre avec son ennemi numéro un.

Les récits de l’agacement croissant de Donald Trump à l’égard des faucons dans son entourage, à commencer par son conseiller à la sécurité nationale John Bolton, n’ont pas tardé à filtrer. Pourfendeur des conflits trop coûteux, élu sur une promesse de désengagement, le président a donc multiplié les appels au dialogue en direction des dirigeants iraniens. Sans façon, ont-ils répondu. Renforçant le sentiment de flou qui entoure la stratégie américaine.

(Lire aussi : Le Liban à l’abri de l’escalade Iran-USA)

Corée du Nord, l’impasse

« L’Iran risque de reprendre la prolifération nucléaire. Et la Corée du Nord produit tous les deux mois suffisamment de matière pour une nouvelle bombe. C’est un échec: le bilan de Trump, ce sera la Corée du Nord qui continue à proliférer et l’Iran qui se remet à proliférer. » Ce constat au vitriol vient d’un diplomate européen.

La relation avec Pyongyang était pourtant la principale « success story » de son début de mandat. Priorité des priorités à son arrivée au pouvoir, le dossier nucléaire nord-coréen a fait l’objet d’une embellie spectaculaire après l’escalade vertigineuse de 2017. Pour la première fois, un président des Etats-Unis a rencontré un numéro un de la Corée du Nord, et Donald Trump n’a depuis cessé de vanter son amitié, voire son « amour » pour Kim Jong Un. Mais sans aucun progrès concret à ce stade sur la dénucléarisation, et les négociations sont désormais dans une impasse qui semble insoluble.

(Lire aussi : Entre Téhéran et Washington, les enjeux d’un conflit asymétrique) ainsi que : « Menace » iranienne : Trump retire des diplomates d’Irak, mais appelle au dialogue)

…NDLR : L’article se poursuit sur le Venezuela et la Chine et ne concerne plus le nucléaire.

OLJ/AFP, publié le 18/05/2019

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