Mai 25

LA CORÉE DU SUD CÉLÈBRE LE 60ÈME ANNIVERSAIRE DE SON INDUSTRIE NUCLÉAIRE

À l’occasion du 60ème anniversaire du nucléaire en Corée du Sud, le KAIF, le Forum sud-coréen de l’industrie atomique, a organisé sa conférence annuelle sur l’énergie atomique sur l’île touristique de Jeju, située au sud de la péninsule.

L’événement, qui s’est déroulé les 21 et 22 mai, a été placé sous le thème « 60 ans d’énergie nucléaire,  nouveaux rôles et responsabilités ». Un thème choisi en tenant compte de la politique de transition énergétique menée par le gouvernement. Cependant, des experts étrangers ont profité de leur intervention pour souligner la nécessité de la production de l’énergie nucléaire.

L’histoire de l’industrie nucléaire sud-coréenne remonte à 1959, lorsque le pays a décidé d’introduire son premier réacteur atomique de recherche Triga Mark II. Le 29 avril 1978, le réacteur n°1 de la centrale de Kori est entré en service commercial. Ainsi s’ouvre l’ère de la production électrique nucléaire au pays du Matin clair. Au début, le projet de premier réacteur avait suscité de vives critiques. Car les coûts de construction étaient estimés à 300 millions de dollars, une somme qui représentait le quart du budget annuel de l’État à l’époque. Pourtant, le pays souffrait d’une grave pénurie d’électricité et le gouvernement a fait passer en force le projet malgré les controverses.

Depuis, cette industrie s’est développée à une vitesse fulgurante. Actuellement, le parc nucléaire sud-coréen compte 24 réacteurs en service. Au cours de la première année de production, la Corée du Sud a généré un total de 2 324 gigawatts d’électricité, ce qui représentait 7 % de sa production électrique totale. Mais, en 2018, la production électrique nucléaire a atteint 133 505 gigawatts, soit 23,4 % du total. Aujourd’hui, le pays du Matin clair exporte même ses propres réacteurs nucléaires. La conception de l’APR1400, le réacteur de nouvelle génération du KHNP, l’exploitant national de réacteurs nucléaires, est actuellement sur le point d’être certifiée par la Commission américaine de la réglementation nucléaire (NRC).

La conférence annuelle du KAIF est la plus grande manifestation internationale sur l’énergie atomique tenue en Corée du Sud. L’édition 2019 a été notamment l’occasion de fêter le 60ème anniversaire de l’industrie nucléaire du pays. Pourtant les discussions et les présentations ont essentiellement porté sur les enjeux liés à la sortie du nucléaire, décidée par Séoul. La sûreté des installations nucléaires et le mix énergétique du pays ont notamment été abordés. Cependant, lors de leur intervention, des experts étrangers ont plutôt pris le contre-pied de l’orientation du gouvernement sud-coréen. Parmi eux, Maria Korsnick, présidente de l’Institut américain de l’énergie nucléaire (NEI), a défendu les avantages de l’énergie atomique et exhorté Séoul à continuer d’investir dans la production nucléaire. Rappelons que, le mois dernier, l’exécutif a présenté le texte du 3ème Plan cadre national pour l’énergie, qui prévoit de ne plus prolonger la durée de vie des réacteurs existants et de ne plus construire de nouveaux réacteurs afin de réduire progressivement la production d’électricité nucléaire du pays.

#Gros plan sur l’actualité l 2019-05-25

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