Mai 26

[VIDÉO] FESSENHEIM, MALAISE FRANCO-ALLEMAND

L’avenir du site industriel de Fessenheim suscite toujours autant d’inquiétudes de part et d’autres du Rhin. Samedi, à Breisach, des militants ont fait entendre leur détermination.

Hier matin, à Breisach, des militants anti-nucléaires ont exprimé leurs doutes et leurs inquiétudes quant au respect de la date de fermeture de Fessenheim.

«  Fessenheim abschalten  », «  Fermons Fessenheim  ». Le refrain n’a pas changé en dépit de l’annonce des dates de débranchement des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim, programmées en février et juin 2020. Sauf que pour des militants anti-nucléaires franco-allemands, 2020 leur apparaît de plus en plus… élastique. Cette inquiétude est clairement née de la dernière réunion de la Commission locale d’information et de surveillance (Clis), le 21 mai, à Colmar (notre édition du 22 mai). Si le sort du réacteur n° 1 semble définitivement scellé (il fermera en principe le 22 février 2020), celui du n° 2 apparaît en suspend car son exploitation peut, réglementairement, se poursuivre jusqu’à l’hiver 2021.

Samedi matin à Breisach, une petite centaine de militants a tenu à exprimer son intention de ne pas lâcher le morceau. Encadrés par une police bienveillante, ils ont d’abord bloqué durant une dizaine de minutes le rond-point principal de Breisach avant de rejoindre la place du Marché de la ville où Gustav Rosa, responsable de la Mahnwache Dreyeckland et André Hatz, président de Stop Fessenheim ont pris la parole. «  Nous devons continuer à agir comme si la centrale n’allait pas fermer  », conseille André Hatz. Le militant anti-nucléaire alsacien est persuadé que le réacteur n° 2 continuera à produire de l’énergie au-delà de 2020, mettant en avant «  les réserves  » désormais exprimées lors de la réunion de la Clis. Du côté allemand, Bärbel Schäfer, présidente du district de Fribourg, a sans doute fait savoir assez rapidement à son entourage politique qu’elle était sortie très mécontente de la réunion de la Clis, estimant que la clarté n’était plus de mise. Pour Stop Fessenheim, le malaise provient également du projet industriel d’EDF ; l’opérateur envisage de créer à Fessenheim un techno centre dédié à la reconversion de composants électro-mécaniques contaminés, un métal qui, selon M. Hatz, pourrait connaître une seconde vie sous forme de casseroles et de poussettes. Le maire de Breisach, Oliver Rein, a également pris la parole sur la place publique, prolongeant la mise en garde de Bärbel Schäfer qui menaçait d’interrompre la coopération franco-allemande post-Fessenheim.

Publié le 26 mai 2019 à 05h05 par J.D.K., actualisé à 07h33, Photo L’Alsace/Jean-Daniel Kientz

Pour retrouver cet article et voir la vidéo (2mn06s), cliquer sur : https://www.lalsace.fr/haut-rhin/2019/05/26/malaise-franco-allemand