Juin 03

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY : SUITE À UN RAPPORT, LES ÉLUS ÉCOLOGISTES DE LA RÉGION AUVERGNE-RHÔNE-ALPES TIRENT LA SONNETTE D’ALARME

FIL INFO – Alors qu’une récente étude de l’Institut Biosphère de Genève décrit la centrale du Bugey (Ain) comme vieillissante et mal sécurisée, les élus écologistes de la Région Auvergne-Rhône-Alpes tirent la sonnette d’alarme. Et demandent, comme ils l’ont déjà fait par le passé, la fermeture d’une centrale qui pourrait exposer 5 millions de Français à des radiations en cas d’accident.

Une centrale nucléaire technologiquement et physiquement vieillissante, avec des défauts de structure et de systèmes de sécurité non corrigés ? C’est ainsi qu’un rapport (en anglais) de l‘Institut Biosphère de Genève décrit la centrale du Bugey, située dans le département de l’Ain. Un rapport qui vise à modéliser l’impact sur les populations d’un accident majeur dans plusieurs centrales, dont celle de la commune de Saint-Vulbas.

Les élus du groupe RCES de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. © RCES

On l’aura compris : les scientifiques suisses ne sont pas très optimistes sur l’état de la centrale aindinoise, ou sur les conséquences d’un accident. De quoi inquiéter les élus d’opposition du Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire (RCES) au Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes. Des élus qui, s’ils ne se disent pas surpris, expliquent « [ressentir] l’impérieuse nécessité de faire connaître les résultats de cette étude au plus grand nombre ».

Cinq millions de Français seraient exposés en cas d’accident

« Le chiffre le plus élevé de personnes potentiellement impactées par une contamination d’ampleur est celui de la centrale du Bugey, la deuxième plus ancienne centrale de France », écrivent ainsi les conseillers régionaux écologistes. « Si un incident survenait, jusqu’à 5 millions de Français seraient exposés aux radiations », ajoutent-ils. Et même… 24 millions sur l’ensemble de l’Europe sur des doses de radiations plus faibles, précise l’étude.

Centrale nucléaire du Bugey. DR

« J’entends bien que nous n’avons pas tous les mêmes approches énergétiques, mais les chiffres sont là. Nul ne peut encore ignorer que Bugey pose une question de sécurité publique », estime Corinne Morel-Darleux. Déjà porteuse d’un vœu demandant la fermeture de la centrale du Bugey, la conseillère régionale et son groupe RCES comptent bien s’appuyer sur la récente étude pour maintenir la pression sur les collectivités.

En 2017, la centrale du Bugey avait déjà fait parler d’elle. Le 20 juin, un feu se déclarait dans un bâtiment situé à proximité d’un réacteur, suite à des travaux de réfection de la toiture. Un accident classé zéro sur l’échelle de gravité de l’Autorité de sûreté du nucléaire. Suivi, à peine dix jours plus tard, d’une nouvelle activation du plan d’urgence, cette fois due à une surpression dans le circuit de refroidissement de l’un des réacteurs.

Par FM, publié le 03/06/2019 à 14h22

https://www.placegrenet.fr/2019/06/03/centrale-nucleaire-bugey-rapport/245663