LA LAVERIE NUCLÉAIRE INQUIÈTE TOUJOURS DANS LE PAYS VITRYAT

Le projet de laverie nucléaire était au cœur des discussions, jeudi, lors du comité syndical du Der.

L’association « Belles-forêts-sur-Marne » a manifesté devant l’office de tourisme du Der avant de rejoindre les membres du comité syndical du Der.

Devant l’office du tourisme du Der, les opposants à l’installation de la laverie nucléaire étaient là bien avant le début du comité syndical du lac du Der (lire aussi en page 21). L’association « Belles-forêts sur Marne » s’est invitée afin de faire entendre ses arguments. Mission réussie. « L’un des principaux arguments est la défense du territoire. Est-ce que les touristes, Hollandais, Allemands, vont continuer à venir sachant qu’il y a une laverie nucléaire à 30 kilomètres ? Que va-t-il advenir de la Marne ? Du plutonium et du cobalt 60 vont s’échapper des cheminées de la laverie. Quelles seront les conséquences sur la vie des gens du coin ? », s’est interrogé Patrick Mocati, un des fondateurs de l’association.

Monté au créneau depuis début 2017, Jean-Pierre Calabrèse, maire de Giffaumont-Champaubert, a interpellé ses collègues sur la question. Son argumentaire tournait autour de trois points. Le premier concernait la santé publique : « Les radioéléments libérés dans la Marne risquent de s’accumuler dans les sédiments du lac du Der. La majeure partie du linge contaminé va être nettoyée en été durant la période où le débit de la Marne est très limité. Les sédiments risquent donc de s’accumuler et à la première crue, d’être charriés vers le Der. »

Le deuxième point abordé concernait la faune et la flore « qui pourraient être impactées par le réchauffement des eaux », la décomposition de certains végétaux provoquant une eutrophisation (augmentation de la concentration d’azote et de phosphore.) Le troisième point soulevé par Jean-Pierre Calabrèse visait les conséquences économiques qui pourraient être de taille d’après lui « avec une baisse drastique de la fréquentation. Le touriste vient pour la nature avant tout. Je n’ai rien contre la laverie en tant que telle mais pas à Suzannecourt, en amont du lac », conclut le maire.

Un œil attentif même sans pollution

De son côté, Laurent Gouverneur, président du comité syndical, s’est dit sensible au sujet : « Il faut être vigilant. Quoi qu’il en soit, si le moindre risque existait, j’en référerai à la direction des établissements publics territoriaux de bassin Seine Grands Lacs, gestionnaire du Der. Elle aura plus de poids que nous dans la balance ! Nous allons avoir un œil plus qu’attentif car même sans pollution, notre image se trouverait dégradée. »

La société américaine Unitech a obtenu un permis de construire par décision de justice du 27 juin dernier malgré les recours exercés par plusieurs associations de défense de l’environnement. Une réunion publique d’information en présence de Jacques Grisot, directeur général de la société, aura lieu ce 3 juillet à Suzannecourt.

Interview de Jacques Grisot dans notre édition du 2 juillet prochain.

Par Savine Cornu, mis en ligne le 28/06/2019 à 22h17

https://abonne.lunion.fr/id76336/article/2019-06-28/la-laverie-nucleaire-inquiete-toujours-dans-le-pays-vitryat