Juil 09

L’ACCÈS UNIVERSEL À L’ÉNERGIE PROPRE S’AMÉLIORE DANS LE MONDE, MAIS TOUT RESTE À FAIRE DANS LA CUISSON ET LES TRANSPORTS

(Écofin Hebdo) – L’accès à une énergie propre et durable pour tous, l’Objectif de développement durable n°7 des Nations unies, est toujours possible, mais il faudra fournir des efforts considérables pour l’atteindre, notamment dans les secteurs de la cuisson et des transports.

C’est ce qui ressort de rapport Tracking SDG7 : The Energy Progress Report publié par un pool d’experts de l’Agence internationale de l’énergie, l’Agence internationale des énergies renouvelables, la division de statistiques de l’ONU, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale pour la santé.

Le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’énergie est passé de 1,2 milliard en 2010 à 1 milliard en 2016 et à 840 millions en 2017. Les champions nationaux de cette avancée sont le Bangladesh, l’Inde, le Kenya et le Myannar. 

L’accès à l’électricité s’est ainsi accéléré au cours des dernières années, ce qui a permis de faire passer le taux d’électrification mondial de 83% en 2010 à 89% en 2017. Cette accélération s’est particulièrement fait remarquer à partir de 2015 où le taux d’électrification mondial gagnait 1% chaque année. Si ce taux se maintient au cours des prochaines années, il est possible d’atteindre l’accès universel à l’énergie. Cependant, la tâche promet d’être ardue puisque les dernières personnes touchées seront celles qui habitent dans les régions les plus éloignées.  

Reste essentiellement l’Afrique subsaharienne…

L’électrification des villes situées à l’intérieur des pays s’est faite plus lentement à travers des réseaux électriques fragiles. Le taux d’électrification rurale (79%) est également inférieur à celui des villes (97%).

Plus de 500 millions d’Africains n’ont pas encore accès à l’électricité. 

Pour l’atteinte des localités rurales souvent éloignées, les solutions hors réseaux incluant les installations solaires domestiques et les mini-réseaux jouent un rôle prépondérant. Des progrès ont particulièrement été enregistrés dans les régions de l’Asie centrale et du Sud où 91% de la population a désormais accès à l’électricité.

Les régions de l’Amérique Latine et des Caraïbes, de l’Asie de l’Est et du Sud-est ont également connu une croissance de leur accès à l’électricité, avec un taux d’électrification de 98% en 2017. 

Cependant dans certaines régions, en Afrique subsaharienne notamment, des efforts considérables restent à faire. En effet, 573 millions de personnes n’avaient pas accès à l’électricité dans la région en 2017. Elle abritait également les 20 pays au taux d’électrification les plus faibles au monde.  « Je suis particulièrement préoccupé par le déficit d’accès à une énergie fiable, moderne et durable dans certaines régions du monde, notamment en Afrique subsaharienne, où nous devons vraiment concentrer nos efforts. L’AIE poursuivra sa coopération avec les pays et les organisations pour veiller au déploiement de solutions efficaces et faire en sorte que la révolution des énergies durables ne laisse personne sur le bord du chemin. », a affirmé Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).  

L’accès des moyens de cuisson moins polluants 

Le taux d’accès à des combustibles de cuisson propre dans le monde est passé de 57% en 2010 à 61% en 2017.

Environ 3 milliards de personnes cuisinent toujours avec des combustibles toxiques pour leur santé et pour l’environnement. La principale cause en est que la croissance démographique est plus rapide que la croissance de l’accès à des combustibles propres, surtout en Afrique subsaharienne. 

Les principales avancées ont été constatées en Asie centrale et du Sud avec une croissance annuelle de 1,2%. Cette région est suivie par celle de l’Asie de l’Est et du Sud-Est avec une croissance annuelle de 0,9%. L’Inde et la Chine ont été les championnes de cette transition avec des taux de croissance respectifs de 25% et de 20% sur la période considérée. 

L’investissement dans les solutions de cuisson durables est très profitable pour la santé publique, pour la productivité et pour le climat.

L’Afrique subsaharienne est la région du monde où l’accès à des moyens de cuisson propre a le moins évolué. La région abrite 6 des 20 pays avec le plus grand déficit en la matière.

Dans ces pays que sont la RDC, l’Éthiopie, Madagascar, le Mozambique, l’Ouganda et la Tanzanie, moins de 5% de la population cuisine avec des combustibles propres selon le rapport.  

Si la situation demeure la même, 2,2 milliards de personnes n’auront toujours pas accès à une énergie de cuisson propre selon l’Agence internationale de l’énergie. La majorité de ces personnes sera en Afrique subsaharienne et en Asie. 

Pour que l’ensemble des populations du monde ait accès à des moyens de cuisson propre, il faudrait que le taux de croissance de cet accès passe du 0,5% annuel observé entre 2010 et 2017 à 3%. Le gaz liquide sera approprié pour les populations vivant en milieu urbain tandis que les foyers utilisant des combustibles à biomasse se profilent comme la meilleure option pour les populations rurales.  

L’accès à ces combustibles propres aura des bénéfices immédiats, notamment sur la santé en réduisant les 3,8 millions de décès prématurés enregistrés chaque année à cause de l’utilisation des combustibles toxiques. Le temps consacré au ramassage du bois et des autres combustibles pourrait être investi dans d’autres activités économiques ou sociales. En outre, ces combustibles propres permettraient la réduction de la déforestation et des émissions de gaz à effet de serre. 

Énergies renouvelables 

En 2016, la croissance des énergies renouvelables dans la consommation énergétique s’est significativement accrue, atteignant près de 17,5% en moyenne dans les trois principaux usages que sont l’électricité, le transport et le chauffage. 

Dans les transports, seulement 3,3% de l’énergie consommée est renouvelable. 

En 2016, la part de ces énergies dans le secteur électrique était de 24%. En cette année particulière, la croissance du renouvelable dans le secteur électrique a littéralement doublé par rapport à 2015. Cette croissance a été principalement portée par l’importance des centrales de renouvelable entrées en service en Chine, l’expansion rapide du solaire en Chine et aux États-Unis et la fin de la sécheresse en Amérique Latine, ce qui a permis d’accroître la production des barrages.  

Dans le domaine du chauffage, la part du renouvelable a atteint en 2016, 24% principalement constitué par la biomasse traditionnelle. Exemption faite de la biomasse, cet apport du renouvelable au chauffage passe à 9%.  

Le transport est le domaine où l’apport du renouvelable est le plus faible, s’élevant à 3,3%. La principale forme de renouvelable utilisée dans ce secteur est le biocarburant, principalement utilisé aux Etats-Unis, au Brésil et dans l’Union européenne.  

Malgré les avancées significatives, les renouvelables font toujours face à des difficultés persistantes en termes de financement, de régulation et de barrières technologiques. En outre, la majorité des politiques concernant le renouvelable se focalisent sur le secteur électrique, négligeant le chauffage et le transport.  

Par Gwladys Johnson, publié le mardi, 09 juillet 2019 à 11h22

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