Juil 14

LA PUISSANCE DE L’ESSAI NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN DE 2017 ESTIMÉE À 16 FOIS CELLE DE LA BOMBE D’HIROSHIMA

En 2003, la Corée du Nord s’est retirée du Traité de Non-prolifération des Armes Nucléaires qui a été établi en 1968. Trois ans plus tard, en 2006, le pays a commencé à tester des bombes nucléaires. À ce jour, six essais ont été effectués et à chaque fois, la puissance de l’explosion a été supérieure à celle de la précédente.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Journal of Geophysical Research : Solid Earth, la dernière explosion qui s’est produite le 3 septembre 2017 avait une puissance équivalant à 250 kilotonnes de TNT. Cette valeur est à peu près 16 fois supérieure à celle de la bombe larguée sur Hiroshima qui faisait 15 kilotonnes.

Ce dernier essai montre un accroissement significatif de la capacité nucléaire de la Corée du Nord. Le test précédant celui de 2017 avait en effet une puissance de 20 kilotonnes de TNT.

L’armement nucléaire nord-coréen

Selon Thorne Lay, un des auteurs de l’étude et sismologue à l’Université de Californie à Santa Cruz, la Corée du Nord a progressivement augmenté la puissance de ses bombes de 2006 à 2016. Le pays est passé de 1 kilotonne à 20 kilotonnes en dix ans.

D’après lui, ce passage à 250 kilotonnes en un an est assez effrayant puisqu’il s’agit d’une bombe significativement plus puissante.

Une étude réalisée en 2018 avait déjà estimé cette dernière explosion à 209 kilotonnes. Avec la marge d’erreur appliquée par les services de renseignement américains, on obtient un intervalle compris entre 120 et 304 kilotonnes. La nouvelle étude a pu affiner les mesures pour arriver à un intervalle compris entre 148 et 328 kilotonnes, soit en moyenne 250 kilotonnes de TNT. Cette dernière estimation n’est pas surprenante compte tenu du fait que l’explosion avait causé un séisme de magnitude  6,3 à l’époque.

La méthode utilisée par les scientifiques

Pour arriver à cette nouvelle estimation, les chercheurs ont pris en compte la géologie du site d’essai de Punggye-ri, et les environs du Mont Mantap où a été conduit le test. Ils ont analysé des données compilées précédemment sur la façon dont le son se déplaçait à travers les différents types de roche de la région.

Les scientifiques ont déterminé la taille relative des bombes en trouvant une combinaison de profondeur et de rendement qui compensait la réflexion du son à la surface. Les explosions souterraines rebondissent en effet à la surface comme un écho, et ce phénomène déforme les enregistrements sismiques pris à distance. Thorne Lay a également indiqué que l’arme utilisée lors du test devait être une bombe à fission renforcée ou une bombe à hydrogène modeste.

Grâce à cette nouvelle étude, on a pu avoir une meilleure estimation de la puissance nucléaire nord-coréenne. Pour l’instant, le pays de Kim Jong Un fait l’objet de sanctions internationales par rapport à son programme nucléaire. L’avenir nous dira si de nouvelles solutions seront proposées par la communauté internationale par rapport à cette situation.

Par Holy, publié le 14 juillet 2019 à 09h17

http://www.fredzone.org/la-puissance-de-lessai-nucleaire-nord-coreen-de-2017-estimee-a-16-fois-celle-de-la-bombe-dhiroshima-699