Juil 20

ENVIRONNEMENT CENTRALE NUCLÉAIRE : EDF TRICASTIN « TRICHE AVEC LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE », SELON MEDIAPART

Le réacteur n°1 du Tricastin (Drôme) a été arrêté le 1er  juin pour cinq mois de travaux. Objectif ? Prouver qu’il peut fonctionner dix ans de plus, au-delà des quarante ans requis. C’est une première en France, qui influencera les chantiers des autres réacteurs de 900 MW du parc français.

Des défaillances ?

EDF passe tous ses équipements à la loupe et renforce la sécurité des installations avec des prérogatives post-Fukushima. Elle rendra début 2020 un dossier à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui validera – ou non – la prolongation du réacteur. Et de tous les autres qui suivront. L’enjeu est donc de taille pour l’exploitant qui a investi 250 millions d’euros dans ce seul réacteur. EDF doit dans le même temps prouver aux gendarmes du nucléaire que la sûreté du Tricastin s’améliore : en 2017, 49 événements significatifs avaient été déclarés.

Dans une enquête publiée vendredi 19 juillet, Mediapart estime qu’EDF « triche avec la sûreté nucléaire ». L’exploitant minimiserait les incidents de la centrale nucléaire, ou les déclarerait bien plus tard. Inondation contamination externe, arrêts de travail… Mediapart s’appuie sur de nombreux témoignages anonymes. En 2018, 44 événements significatifs ont été déclarés, dont certains réévalués à la hausse par l’ASN.

Comme nous l’avions déjà évoqué dans nos colonnes, si l’Autorité de sûreté nucléaire considère que les performances globales du Tricastin « restent dans la moyenne générale » (sic), des défaillances ont été relevées en matière de radioprotection. L’ASN a d’ailleurs mené près de 70 visites entre l’automne 2018 et février 2019. Si Médiapart parle de « triche », c’est en jugeant que l’exploitant EDF « ruse avec les règles dans le but d’améliorer l’image de cette centrale si importante pour le devenir du parc nucléaire ».

Par Solène VIGNALI, publié le 20/07/2019 à 06h05

Photo archives Le DL/ Fabrice ANTERION

https://www.ledauphine.com/france-monde/2019/07/20/tricastin-edf-aurait-minimise-les-incidents