Août 16

FLAMANVILLE: GREENPEACE DÉNONCE «LA POLLUTION DES DÉCHETS NUCLÉAIRES» ET LE «FIASCO» DE L’EPR

Le Rainbow Warrior III de l’ONG est arrivé au large de Flamanville dans la Manche ce vendredi 16 août pour une action devant le chantier du futur EPR. L’ONG dénonce les rejets radioactifs en mer.

«EPR = Fiasco». Le Rainbow Warrior III de l’organisation écologiste Greenpeace est arrivé au large de Flamanville dans la Manche ce vendredi midi 16 août pour une action devant le site de la future centrale nucléaire de 4ème génération. L’ONG dénonce «la pollution des déchets nucléaires» et le «fiasco» du projet d’EPR. Parti de Cherbourg, le navire amiral de l’ONG a mené une première action devant l’usine de retraitement de déchets nucléaires d’Orano, ex-Areva, à La Hague avant de mettre le cap vers Flamanville, a annoncé Greenpeace France dans un communiqué.

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Vers 9h00, le bateau a fait étape «au niveau d’un tuyau d’évacuation de l’usine de retraitement Orano, pour protester contre les rejets en mer de substances radioactives», a annoncé Greenpeace. Devant l’usine, les militants de l’ONG ont déployé plusieurs banderoles sur lesquelles était écrit: «pollution nucléaire» et «déchets nucléaires: ça déborde».

Le bateau rentrera à Cherbourg dans la soirée

«L’objectif de cette action pacifique est de faire une piqûre de rappel à Orano. Il est interdit de rejeter des déchets nucléaires dans la mer, mais Orano le fait quand même via un grand tuyau. Il faut que cela cesse», indique au Figaro Yannick Rousselet, chargé de campagne sur les questions nucléaires pour Greenpeace France. «Pour nous, le projet EPR devrait être abandonné. Mais on va nous dire “non”, parce qu’on a investi près de douze milliards d’euros au lieu des trois initialement prévus. C’est un projet dangereux pour nos océans», ajoute Yannick Rousselet.

Le Rainbow Warrior III devait regagner Cherbourg en fin de journée. «C’était une action prévue. Les autorités étaient au courant. Les forces de l’ordre sont présentes à terre. En mer, nous sommes tranquilles», explique Yannick Rousselet.

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«Les rejets liquides du site Orano la Hague n’ont pas d’impact sanitaire», a fait valoir Orano, dans un courriel adressé à l’AFP. «En 2018, l’impact radiologique de nos rejets liquides est de 0,0023 millisievert soit le millième de la radioactivité naturelle moyenne en France, qui est de 2,9 millisievert par an. Ces rejets sont constitués à près de 85% d’eaux de pluies collectées sur le site et pour environ 15%, d’effluents liquides issus du procédé industriel. Ces effluents liquides font l’objet d’un traitement et de contrôles avant rejet», a souligné l’industriel. Et de préciser qu’»en 2018, plus de 20.000 prélèvements d’échantillons et 51.000 analyses ont été réalisés par le laboratoire environnement d’Orano», un laboratoire «agréé par l’ASN», l’Autorité de sûreté nucléaire.

Fin juillet, le tribunal de Paris a interdit temporairement à Greenpeace France de s’approcher à moins de 250 mètres des convois de «transport et d’acheminement de matières ou de déchets nucléaires ou radioactifs», de deux filiales d’Orano. L’interdiction s’applique à tous les membres de l’ONG et personnes placées sous son autorité et court jusqu’au 25 septembre.

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Par  Le figaro.fr AFP agence, publié le 16/08/2019 à 14h07, mis à jour le 16/08/2019 à 17h26

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