Août 18

VA-T-ON TIRER LA LEÇON DES ACCIDENTS MILITAIRES RUSSES ? NEUF INDIVIDUS PRÊTS À FAIRE SAUTER LA PLANÈTE. QUE FAIT LE PARLEMENT FRANÇAIS POUR LES NEUTRALISER ?

Ils sont 9, autant qu’on sache, à avoir le doigt sur le bouton atomique. Neuf chefs d’États dotés d’armes nucléaires (peut-être dix si l’Arabie saoudite en a aussi), prêts à les faire exploser à tout moment pour la bonne cause : la leur, bien sûr.

Vont-ils entendre le terrible coup de semonce que leur a lancé le 8 août dernier l’explosion du missile expérimental russe à propulsion nucléaire, baptisé « Déluge » par l’OTAN, qui a fait 5 morts sur la base de Nionoska, non loin de Severodvinsk ? Rien n’est moins sûr. L’explosion et l’incendie qui, dans la même région, avaient tué un mois plus tôt 14 officiers à bord du sous-marin de recherches ultra-secret AS-12 « Locharik », lui aussi à propulsion nucléaire, n’y avait pas suffi.

Réagissant à l’accident, Derek Johnson, directeur exécutif du mouvement international Global Zero pour l’élimination de toutes les armes nucléaires vient de publier une déclaration où il dit notamment :

« S’agissant d’armes nucléaires, les États-Unis et la Russie sont les pires délinquants du monde – les deux pays prodiguent des centaines de milliards de dollars pour moderniser leurs énormes arsenaux – mais l’accident de Nionoska suggère que la Russie passe au niveau supérieur. Une tête nucléaire capable de réduire en cendres une ville entière est déjà bien assez mauvaise, mais flanquez-la sur un système de délivrance à propulsion nucléaire et vous avez entre les mains quelque chose de franchement instable – jusqu’à l’idiotie. C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont renoncé à développer, il y a un demi-siècle, un missile de croisière du même genre à propulsion nucléaire : ces choses sont énormément dangereuses, trop dangereuses même pour les essayer.

« Vladimir Poutine poursuit cette arme fantasmatique afin de déjouer les systèmes de défense des États-Unis – ces systèmes survendus au public américain et aux gouvernements étrangers en dépit de leurs résultats fort incertains. Et tandis que Donald Trump prétend que les États-Unis possèdent déjà une version plus avancée de ce type de missile de croisière, ce qui est dépourvu de réalité, son administration s’apprête probablement à doubler la mise sur des capacités douteuses et de dangereux systèmes d’armes qui ne feront qu’accroître le risque déjà inacceptable de conflit nucléaire.

« Ce qui s’est produit la semaine dernière à Nionoska met en évidence à quel point dramatique la Russie et les États-Unis se meuvent dans la mauvaise direction. Nous nous écartons de plus en plus loin et de plus en plus vite du principe selon lequel « une guerre nucléaire ne peut pas être gagnée et ne doit jamais être livrée ». Washington et Moscou feraient bien de se rappeler les dures leçons de la Guerre Froide – et cesser de saper les progrès constants qui ont ramené les arsenaux nucléaires de leur pic de 70 000 armes en 1986 à moins de 14 000 aujourd’hui. Davantage d’armes nucléaires ne signifie pas davantage de sécurité ; il est urgent que nous changions de route. »

Changer de route, c’est ce que veulent 85% des Français d’après l’IFOP. Ils veulent « que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace« . Ils veulent pouvoir le dire par référendum.

Députés et sénateurs peuvent le leur permettre en répondant à l’APPEL AU PARLEMENT FRANÇAIS qui leur a été lancé à Saintes le 6 août 2019.

Publié le 16 août 2019

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1185&lang=fr