Oct 08

UN BILAN DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE EN ÎLE-DE-FRANCE BON SAUF POUR CIS BIO ET LE CEA

Bien que contrasté, le bilan de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en Île-de-France est jugé globalement satisfaisant par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en Île-de-France était, en 2018, globalement satisfaisant selon le bilan des actions de contrôle menées par les deux divisions de Paris et d’Orléans de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et présenté le 8 octobre à Vincennes (Val-de-Marne).

À l’occasion de son activité de contrôle en Île-de-France (202 inspections ont été réalisées l’an dernier), le Gendarme du nucléaire a enregistré quatre événements significatifs relatifs à la sûreté de niveau 1 sur une échelle qui compte huit niveaux, ainsi que trois événements concernant la radioprotection, eux aussi, de niveau 1. Dix événements concernant des patients en radiothérapie ont également été classés au niveau 1, sur une échelle ASN qui compte également huit échelons. (NDLR : soit un total de 17 évènements de niveau 1. Vous avez dit « bilan satisfaisant » ?)

Des démantèlements qui prennent du retard

En charge de surveiller les installations nucléaires de base (INB), la division d’Orléans (Loiret) a procédé à 44 inspections dans les trois établissements dont elle a la responsabilité : le centre CEA de Saclay (Essonne), le centre historique du CEA à Fontenay-aux-Roses (Val-de-Marne) et, enfin, l’usine de production de radioéléments artificiels du laboratoire CIS bio, toujours à Saclay.

Les résultats sont contrastés. Saclay reçoit un satisfecit d’ensemble. Pour autant l’ASN dénonce le retard pris dans le démantèlement de certaines installations alors que se profile celui des réacteurs d’expérimentation Osiris (suspendu en 2015) et Orphée, qui sera arrêté à la fin de cette année.

Le centre de Fontenay-aux-Roses, dont les activités de recherche sont désormais orientées vers les sciences du vivant, essuie, pour sa part, quelques critiques en raison, selon l’ASN, « des nombreuses difficultés à respecter les échéances des projets structurants pour la sûreté« . Pour mémoire les deux INB de Fontenay-aux-Roses font partie des dix installations prioritaires identifiées par le CEA pour le démantèlement.

CIS bio dans le collimateur de l’ASN

C’est surtout sur l’entreprise CIS bio, qui fabrique des médicaments pour le diagnostic et la radiothérapie métabolique nucléaire, que se concentrent les observations. « Même si des améliorations ont été notées en 2019, le niveau de sûreté de CIS bio doit encore significativement progresser et c’est un des sites sur lequel l’ASN use de ses pouvoirs de coercition » a souligné Alexandre Houle, chef de la division d’Orléans.

De son côté, la division de Paris, qui a notamment en charge le contrôle du secteur industriel, relève « une prise en compte contrastée des risques suivant les entreprises et des procédures internes mal respectées » au sein des activités de radiographie industrielle et gammagraphie.

Enfin dans le domaine médical, l’ASN juge que « l’état de la radioprotection est resté stable en 2018 » et son bilan satisfaisant à l’exception des pratiques interventionnelles radioguidées notamment pour les actes pratiqués en bloc opératoire.

Par Patrick Désavie, publié le 08/10/2019 à 16h58

Photo en titre : L’IRM du projet Iseult, mené notamment par le CEA

https://www.usinenouvelle.com/article/le-bilan-de-la-surete-nucleaire-en-ile-de-france-globalement-satisfaisant-selon-l-asn.N892394