CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH : APRÈS UN INCIDENT, DES QUESTIONS SUR SON EXPLOITATION

L’Autorité de sûreté nucléaire a mené une inspection de la centrale nucléaire de Golfech après un incident le 8 octobre. Elle dénonce la dégradation de l’exploitation de la centrale.

Doit-on s’inquiéter de la gestion de la centrale de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne ? Le 8 octobre, un incident est survenu. L’Autorité de sûreté nucléaire a donc décidé de mener une inspection en profondeur qui s’est terminée vendredi 18 octobre.

Alors que le rapport ne sera rendu que dans un mois, L’Express écrit avoir eu accès aux premiers éléments de l’enquête.

D’après l’hebdomadaire, un agent d’EDF aurait été interrompu par des prestataires extérieurs qui cherchaient leur chemin. Il aurait alors oublié d’ouvrir une vanne du pressuriseur au moment de l’arrêt du réacteur avant d’indiquer dans le registre du protocole que l’opération avait bien été effectuée.

Une centrale « en queue de peloton »

La direction a admis « un non-respect des règles générales d’exploitation lors d’opérations de vidange du circuit primaire de l’unité de production n° 2 », dû à une erreur humaine.

Toutefois, elle affirme que l’incident, classé 1 sur une échelle de 7, « n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, sur la sécurité du personnel, ni sur l’environnement ».

« Pendant des années, le site était plutôt classé dans le haut du panier en termes de sûreté nucléaire. Mais depuis cinq ou six ans, la qualité de l’exploitation de la centrale s’est dégradée et Golfech pointe plutôt en queue de peloton », explique à L’Express Christophe Quintin, l’inspecteur en chef de l’ASN.

Pas un « problème de compétence »

Dans un rapport fin septembre, l’ASN avait déjà relevé que la « détérioration » concernait « la surveillance en salle de commande » et se traduisait par la déclaration « de nombreux incidents ».

Cela fait notamment suite au renouvellement « en cinq ans de la moitié des effectifs » de la centrale, qui compte deux réacteurs d’une puissance de 1 300 mégawatts chacun.

Dans le cas de l’incident du 8 octobre, « il ne s’agit pas d’un problème de compétence. Mais les agents n’attachent pas la rigueur suffisante aux tâches qu’ils doivent accomplir », selon Christophe Quintin.

Par Ouest-France, publié le lundi 21 octobre 2019 à 17h02

Photo en titre : La centrale nucléaire de Golfech a connu un incident le 8 octobre.© Regis DUVIGNAU / REUTERS

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