Nov 02

NUCLÉAIRE : UNE FAILLITE FRAUDULEUSE

Le nucléaire coûte cher, ce n’est pas une surprise. Mais bientôt, les prix vont encore augmenter d’un cran, alors pourquoi le gouvernement continue de s’entêter ? Sûrement à cause de son Premier ministre.

Réfléchir reste une activité passionnante. Je découvre sur le site Actu Environnement un bon article sur le nucléaire. ­Sophie Fabrégat y décortique une étude menée par un think tank allemand, Agora Energiewende. Vous y verrez, si le cœur vous en dit, comment la poursuite de l’aventure nucléaire menace directement le développement des énergies solaire et éolienne. Le coût de ces dernières en sera bien plus élevé, tandis que les aides publiques, pourtant vitales, ne pourront qu’être plus faibles.

Ceux-là mêmes – ou leurs fistons – qui nous avaient promis l’indépendance énergétique par le nucléaire sabotent ainsi l’avenir. Il n’est pas inutile ici de revenir sur l’état réel de l’industrie nucléaire en France. Les seuls mots utilisables sont ceux de faillite frauduleuse. Faillite, c’est évident, puisque les dettes de la filière, présentes ou fatalement à venir, se chiffrent en dizaines et peut-être en centaines de milliards d’euros. Je dis bien centaines. Areva, longtemps joujou d’Anne Lauvergeon, a abandonné son nom en plein naufrage, et s’appelle Orano.

Combien doit-elle aux finances publiques ? Nul ne peut savoir, entre la dette qui subsiste, la reprise par l’État de 3 milliards d’euros, l’immense scandale UraMin et la menace d’un procès aux États-Unis, qui pourrait nous coûter jusqu’à plus de 20 milliards d’euros. Il y a trois ans, Areva était « notre » champion.

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EDF ? Quantité de savants calculs tentent de masquer – et y parviennent parfois – l’ampleur de la folie. Disons que la dette se promène entre 37 et 75 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 100 milliards pour permettre aux réacteurs en fin de vie – ils approchent de 40 ans – de continuer à fonctionner. Et les inconnues sont multiples. Combien pour la gestion des déchets ? Combien pour le démantèlement des vieilles choses ? Combien pour les EPR ?

Bien sûr, un gouvernement non inféodé arrêterait les frais et détournerait le pays du pétrole, du gaz et du nucléaire. Mais celui-ci est dirigé par un Édouard Philippe, ancien lobbyiste en chef d’Areva. Alors, non.

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Par Fabrice Nicolino, publié le 30 octobre 2019

https://charliehebdo.fr/2019/10/ecologie/nucleaire-faillite-frauduleuse/