LE GROS CHANTIER DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GRAVELINES

Trois générateurs de vapeur viennent d’être remplacés.

La phase de levage des différents générateurs de vapeur est extrêmement délicate. Elle prend quatre à cinq heures par générateur.

Jeudi 31 octobre : la centrale nucléaire de Gravelines a présenté ses trois nouveaux générateurs de vapeur (GV) à la Commission locale d’information et à la sous-préfecture de Dunkerque.

La centrale en compte trois par réacteur. Les GV produisent de la vapeur pour faire tourner les turbines et générer de l’électricité. Ils sont changés tous les 30 ans.

C’est un chantier comme on en voit rarement, même dans une installation de la taille de la centrale nucléaire de Gravelines.

Au cours des derniers mois, les ingénieurs d’EDF ont procédé au remplacement de trois pièces absolument cruciales dans la production d’électricité d’un réacteur nucléaire : les générateurs de vapeur (GV).

Comme leur nom l’indique, ils permettent de produire la vapeur en chauffant l’eau du circuit secondaire (le circuit primaire étant celui chauffé par la réaction nucléaire) afin de faire tourner les turbines et ainsi de produire de l’électricité grâce aux alternateurs.

Dans la centrale de Gravelines, il y en a trois par réacteur, et ils sont changés tous les 30 ans environ.

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300 tonnes à vide, 20 mètres de haut

Trois gigantesques pièces ont été changées.

« Un GV pèse 300 tonnes à vide pour plus de 20 mètres de haut ! C’est l’opération la plus lourde et la plus technique d’un arrêt de tranche.  »

Il faut arrêter le réacteur, bien sûr, et faire sortir les trois mastodontes, avant de faire entrer les nouveaux.

Un travail de précision, car le moindre millimètre de décalage doit être évité.

La préparation a duré un an sur le site. 1 000 personnes sont dédiées à cette seule opération, des bâtiments neufs doivent être installés (bureaux, entrepôts, atelier de préparation des nouveaux GV…).

Il faut aussi déployer des engins de levage spécifiques autour du réacteur, car le matériel déjà présent à l’intérieur n’est pas suffisant.

Une fois le déchargement complet du combustible et la vidange des circuits primaire et secondaire effectuée, la première étape consiste à sortir les anciens générateurs de vapeur.

Une porte circulaire sur le côté du réacteur est ouverte pour l’occasion.

Vu la taille des générateurs de vapeur, il faut les incliner progressivement pour les sortir à l’horizontale.

Une fois extraits du bâtiment, les vieux GV voient toutes leurs ouvertures obturées, avant d’être stockés sur le site de Gravelines dans des endroits étanches.

Une série de tests sont effectués

Il faut ensuite reproduire le même processus à l’envers pour faire entrer les nouveaux.

Ce seul processus de levage prend quatre à cinq heures et utilise un système de vérins hydrauliques, à la fois « doux et puissant », précise l’ingénieur.

Et tout cela doit être précis. « Le générateur de vapeur rentre au chausse-pied dans la casemate de béton », appuie Vincent Cipriani.

Une fois posé, il faut désormais souder tous les tuyaux. C’est l’étape qui est en cours.

« Ce n’est pas de la ferronnerie d’art, mais presque. » Et d’ajouter : « On va chercher les meilleurs là où ils se trouvent. On en a qui viennent d’Allemagne, par exemple.  »

Une fois la pose terminée, une série de tests sera effectuée pour évaluer la résistance des générateurs de vapeur, avec plus de pression qu’en fonctionnement normal.

Si ces tests sont validés par l’Agence de sûreté nationale (ASN), le réacteur pourra reprendre son fonctionnement normal.

En visite dans le cœur du réacteur pendant les soudures

Lors de cette visite officielle du réacteur nº5, plusieurs membres de la Commission locale d’information (CLI) étaient conviés.

Après de multiples procédures de sécurité, qui passent par des changements de vêtements, des mesures en permanence, il est enfin possible de pénétrer en zone nucléaire.

C’était au moment des soudures.

Les trois générateurs de vapeur avaient déjà été installés et les ouvriers en activité s’affairaient à souder le plus précisément possible les différents composants pour qu’ils soient en place.

Les membres de la CLI ont pu marcher au milieu du bâtiment réacteur, au-dessus de la piscine où se trouve le combustible en temps normal.

Une dalle y avait en effet été placée pour empêcher toute radiation résiduelle.

On pouvait d’ailleurs observer la grande ouverture circulaire utilisée pour sortir les anciens générateurs et amener les nouveaux.

Par Lephare@lepharedunkerquois.Fr, publié le 15/11/2019

https://www.lepharedunkerquois.fr/27923/article/2019-11-15/le-gros-chantier-de-la-centrale-nucleaire-de-gravelines