NUCLÉAIRE: L’AIEA PRESSE L’IRAN DE RÉPONDRE À SES QUESTIONS

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a de nouveau pressé l’Iran jeudi de lui apporter « rapidement » des informations supplémentaires sur un site suspect non déclaré où des particules d’uranium naturel ont été découvertes.

Dans un rapport rendu la semaine dernière, l’Agence avait annoncé avoir détecté des particules d’uranium naturel d’origine anthropogénique – c’est-à-dire due à des activités humaines – sur un site non référencé au titre d’activités nucléaires.

« Nous n’avons reçu aucune information complémentaire et le sujet reste non résolu« , a déclaré le directeur général par intérim de l’AIEA, Cornel Feruta, à l’ouverture d’un conseil des gouverneurs de cette agence basée à Vienne. M. Feruta a indiqué que des représentants de l’AIEA se rendraient en Iran « la semaine prochaine » pour approfondir les discussions sur ce sujet. Une source proche de l’agence a indiqué à l’AFP qu’un directeur général adjoint de l’AIEA participerait à cette rencontre de « haut niveau technique« . « Il est essentiel que l’Iran travaille assidûment à la résolution de ce problème. J’appelle l’Iran à coopérer pleinement et promptement avec l’Agence« , a ajouté M. Feruta.

L’AIEA insiste depuis plusieurs mois auprès de Téhéran pour avoir des éclaircissements sur la nature des activités qui ont été menées sur ce site. L’agence onusienne n’a jamais précisé sa localisation mais des sources diplomatiques ont indiqué à l’AFP qu’il s’agissait d’un entrepôt du district de Turquzabad, en banlieue de Téhéran.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu accuse l’Iran d’avoir menti à propos de ce site et d’y avoir conduit dans le passé des activités nucléaires illégales en violation de ses engagements internationaux.

La récente intensification par l’Iran de ses activités nucléaires, en réponse au retour des sanctions américaines affectant son économie, inquiète vivement les grandes puissances. Depuis le mois de mai, Téhéran a commis une série d’entorses au traité international signé en 2015 visant à garantir la nature pacifique de son programme nucléaire. La république islamique entend ainsi appliquer un plan en plusieurs étapes de désengagement du texte dont les Européens, les Chinois et les Russes restent parties prenantes, alors que les États-Unis s’en sont retirés en 2018.

L’AIEA est l’organe de l’ONU en charge du suivi de l’application de ce traité international miné par la tension entre Washington et Téhéran.

L’Iran a été secoué ces derniers jours par des manifestations ayant suivi une hausse du prix de l’essence. L’ONU a dit craindre que « des dizaines » de personnes aient été tuées.

Par AFP, publié le 21/11/2019

Photo en titre : Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne. AFP/Joe Klamar

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