Nov 21

QUE CACHE L’IDÉE D’UN SERVICE D’INTÉRÊT GÉNÉRAL BAS CARBONE EUROPÉEN ?

Le syndicat français CFE CGC défend l’idée que seule la défense de l’intérêt général bas carbone évitera une mort cérébrale de l’Europe de l’énergie. Traduction : il faut sécuriser l’investissement public dans le nucléaire.

Inquiet pour son avenir, le nucléaire se rebaptise énergie bas carbone.

Le nucléaire français a peur, mais n’ose pas le dire. Dans un communiqué, la CFE Énergies interpelle Thierry Breton, nouveau commissaire européen au marché intérieur. L’organisation syndicale lui demande de créer un « service d’intérêt économique général (SIEG) bas carbone«  au cœur de son action politique pour « réorienter la politique énergétique de l’Europe » non plus uniquement dans l’intérêt des consommateurs mais aussi de celui des salariés européens.

Ne dites plus nucléaire…

Interrogé par l’Usine Nouvelle, Alexandre Grillat, secrétaire national des affaires publiques de la CFE Énergies, décrypte la proposition. Il s’agit en fait de « favoriser le financement public du nucléaire dans les pays d’Europe qui le souhaitent« . Le nucléaire principalement français restant, selon le syndicat, la seule garantie de stabilité du réseau électrique européen et le meilleur garant de sa souveraineté énergétique.

Or, selon le syndicaliste, en France, même la renationalisation à 100 % de la production nucléaire d’EDF, comme l’envisagerait le projet Hercule de Jean-Bernard Lévy, ne suffirait pas à garantir l’investissement public de l’État français dans le nucléaire. « Le nucléaire a besoin d’une régulation et d’une intervention publique dans le financement« , avance le syndicaliste. Et selon lui, le bon modèle serait à chercher du côté du Royaume-Uni.

… mais énergie bas carbone

Mais au lieu d’appeler un chat un chat, le communiqué de CFE Énergies noie le poisson. Le terme nucléaire n’est jamais employé. Celui de la décision repoussée de lancer un nouveau programme nucléaire en France non plus. L’organisation syndicale préfère parler d’énergie bas carbone et d’Europe de l’énergie… Au risque de rendre son message compréhensible uniquement par les spécialistes du secteur. 

Par Aurélie Barbaux, publié le 21/11/2019 à 12h48

NDLR : ATTENTION : enfumage à bâbord !

https://www.usinenouvelle.com/article/que-cache-l-idee-d-un-service-d-interet-general-bas-carbone-europeen-de-la-cfe-cgc.N905844