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L’ORIGINE DU NUAGE RADIOACTIF QUI A TOUCHÉ L’EUROPE EN 2017 CONFIRMÉE

Grâce à la modélisation informatique du nuage radioactif, des chercheurs français sont parvenus à identifier la source de l’émission de ruthénium de 2017.

Il avait survolé la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche et l’Italie. Fin 2017, un nuage radioactif de ruthénium 106 avait émis des radiations 100 fois supérieures à celles mesurées après l’incident de Fukushima en Europe. Si ce paramètre peut sembler inquiétant, les autorités affirmaient à l’époque que ces taux ne représentaient aucun danger pour la santé des Européens. Aucun État n’avait été identifié comme responsable pour cette masse radioactive. En France, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) avait, lui, évoqué la responsabilité du centre de traitements de déchets radioactifs de Maïak, en Russie. Si à l’époque, les autorités russes avaient nié cette information, une étude vient de mettre en évidence l’origine des radiations.

Publiée dans le journal scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), cette étude a été menée par une équipe française de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Les scientifiques ont pu reconstruire la source de l’échappement radioactif de ruthénium observé à l’époque en Europe. En combinant des mesures environnementales avec une modélisation atmosphérique, les chercheurs ont pu identifier l’endroit le plus probable d’où s’est échappé le ruthénium : du sud du massif de l’Oural en Russie. Deux installations nucléaires se trouvent dans cette zone. L’une des deux, l’unité de production de Maïak, semble être la source la plus fiable. Dans la plupart des cas, les simulations de la concentration de ruthénium dans l’air ont été mesurées avec un facteur 5. Un facteur suffisamment élevé pour prendre au sérieux les résultats de la simulation. 

Des concentrations élevées en Roumanie

Les auteurs de l’étude estiment aussi qu’au total, environ 250 térabecquerels (TBq) de radioactivité ont été relâchés. La majorité de ce relâchement s’est déroulé le 26 septembre 2017, même si des libérations moins importantes ont eu lieu plus tôt, le 23 septembre. À partir de l’endroit, la magnitude et le minutage de la source, les auteurs ont fait une simulation de la dispersion de ruthénium depuis l’usine de Maïak. Le nuage radioactif s’était alors propagé jusqu’en Italie et en France mais les pays les plus touchés par des concentrations élevées de cet isotope sont la Roumanie, la Bulgarie ainsi que le Sud de la Norvège, la Finlande et la Suède.

Par Coralie Lemke, publié le 26 novembre 2019 à 17h44

Carte en titre : La carte montre la reconstruction du nuage radioactif de ruthénium qui a traversé l’Europe en 2017. PNAS / IRSN

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/le-nuage-radioactif-de-ruthenium-de-2017-proviendrait-bien-de-la-russie_139287