MACRON VEUT QUE L’EUROPE QUALIFIE LE NUCLÉAIRE D’ÉNERGIE VERTE ET DURABLE ET PUISSE BÉNÉFICIER D’AVANTAGES FISCAUX !

Ils ne reculent et ne reculeront devant rien. Alors que les pays européens tentent de fixer les règles d’une « finance verte », Bruno Le Maire – serviteur zélé de son patron Macron et des nucléaristes ayant noyauté l’État et les assemblées – veux faire bénéficier le nucléaire d’un label « énergie verte » et jouir ainsi d’avantages fiscaux au niveau européen. Les idéologues fanatiques de la destruction atomique et leurs relais politiciens pourrissent la planète et les esprits.

En l’absence d’un système européen de classification définissant ce qu’est une activité économique durable sur le plan environnemental (« taxinomie »), la Commission européenne a avancé en mai 2018 une proposition sur laquelle négocient le Parlement et le Conseil (États membres). L’idée est de mieux orienter les investissements privés et publics vers l’économie durable tout en évitant l’éco-blanchiment (« greenwashing »), à savoir la commercialisation de produits financiers indûment qualifiés de verts ou durables. Cette taxinomie, s’inscrivant dans la mise en œuvre de « l’accord de Paris« , devrait être établie pour la fin 2021, pour une entrée en application fin 2022.

Six objectifs environnementaux prédéfinis devront être respectés pour obtenir le label. Toute technologie en est automatiquement rayée si elle nuit gravement à l’un des objectifs. C’est sur ces critères que la filière nucléaire a jusqu’alors été écartée. Le Parlement européen ayant choisi d’empêcher l’énergie nucléaire d’obtenir le sceau d’approbation écologique des marchés financiers. Mais comme ces critères se baseront sur les pratiques et les initiatives de marché existantes, la porte demeure grande ouverte à tous les opportunismes. Et la France s’y engouffre.

La France macroniste pro-nucléaire pourri même la transition-adaptation capitalistique

Au nom de la France, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, ouvre pleinement ce projet d’adaptation du capitalisme à ses propres contradictions en soutenant un projet encore plus pervers incluant le nucléaire dans la liste des critères déterminant quels secteurs pourront bénéficier des fonds de la » finance durable« . Cette position extrémiste s’inscrit dans l’abandon officiel de l’objectif de réduction de la part du nucléaire de 70% à 50 % ( « vendu » aux électeurs par le précédent président de la République F. Hollande) du mix électrique français, reporté à 2035 ou à la saint glin-glin. Elle s’inscrit aussi dans la fuite en avant de la mise en service du réacteur atomique EPR de Flamanville qui explose ses coûts et ses délais tout en multipliant les défauts. Elle se renforce avec l’annonce par EDF de vouloir construire en France 6 autres EPR tout en prolongeant les vieux réacteurs nucléaires délabrés existants. Elle complète les décisions d’octroyer des milliards d’euros au développement du nucléaire militaire et de la confrontation atomique. L’entêtement du vieux monde nucléariste plombe le présent et l’avenir.

Les représentants gouvernementaux des 28 États membres de l’UE ont, majoritairement, réintégré le nucléaire aux possibles secteurs éligibles aux futurs investissements verts (cela laisse plein d’espoir au secteur du gaz ). Pourquoi se priver d’un secteur de spéculation tant soutenu par les finances publiques françaises? Mais le Luxembourg, l’Autriche, l’Italie, l’Allemagne et Malte s’opposent à l’intégration du nucléaire aux « énergie verte et durable« . Ne serait-ce que de par la production de déchets radioactifs mortels pour des centaines de milliers d’années et dont personne ne sait que faire. Et, accessoirement, la fragilité des installations nucléaires face au réchauffement climatique.

Le fanatisme des doctrinaires du PIB et du développement continu permanent

Les effets du changement climatique découlant de la prédation de la planète par les activités économiques d’accumulation du capital menacent  la stabilité financière du monde capitaliste et entraînent pour lui des pertes économiques considérables dues aux inondations, à l’érosion des sols ou à la sécheresse. L’exode des populations victimes de la sécheresse ou des cataclysmes climatiques (ouragans, tornades, submersion, érosion des rivages,…) venant en sus.

L’an dernier, le montant des pertes liées aux catastrophes naturelles couvertes par les assurances a atteint le niveau de 110 milliards d’euros. Entre 2007 et 2016, les pertes économiques engendrées par des catastrophes climatiques ont augmenté de 86 %. De nombreux investissements réalisés aujourd’hui par les puissances publiques, souvent au détriment des secteurs de l’éducation, de la culture, du bien commun, pourraient s’avérer inadéquates et redondants. Un bras de fer est donc engagé entre les différents patronats nationaux et banques d’affaires européennes pour tirer le meilleur parti des nouveaux débouchés commerciaux que pourraient offrir les activités économiques dites « durables« .

Les financiers et gros actionnaires de l’UE espèrent qu’avec l’aide des États et de l’Union Européenne un effet multiplicateur dans le domaine de la finance « durable » leur permettrait de devenir un leader mondial en la matière dopant encore et toujours le mythe de la croissance économique et de la création d’emplois. Surtout des profits. L’union des marchés des capitaux (UMC) vise ainsi à mettre la finance au service des besoins d’une théorique économie européenne prenant appui sur une stratégie et un programme de « développement durable » de l’UE. Ce, dans un monde fini aux ressources limitées. Une dichotomie suicidaire prête à entraîner le monde et la planète dans l’apocalypse. Ils lorgnent sur le déficit d’investissement estimé à 180 milliards d’euros supplémentaires nécessaires pour que l’UE puisse atteindre les objectifs pour 2030 de l’accord de Paris.

Feu vert du Parlement européen au nucléaire avec l’aval du leader écologiste européen

Le 28 novembre 2019, le Parlement européen a ainsi voté en faveur de l’énergie nucléaire, celle-ci étant définie faussement comme neutre pour le CO2 et le climat. En omettant de prendre en compte le CO2 et les GES (Gaz à effet de serre) de l’extraction minière de l’uranium dans les pays sous-traitants étrangers (Niger, Kazakhstan notamment), les transports du yellow-cake base vers les ports d’expédition, les transports maritimes au fuel lourd jusqu’aux côtes françaises, les transports terrestres routiers au fuel jusqu’aux installations d’enrichissement de Narbonne (Aude), les transports terrestres routiers au fuel jusqu’aux installations d’enrichissement du Tricastin (Drôme-Vaucluse), les transports terrestres routiers au fuel jusqu’aux installations de fabrication des « crayons » à Romans sur Isère, les transports terrestres routiers au fuel de livraison jusqu’aux 19 sites atomiques disséminés sur le territoire français, les transports terrestres routiers au fuel aux départ de chacun des 58 réacteurs nucléaires jusqu’au site de traitement-conditionnement de La Hague (Cotentin), la fabrication des installations et matériels de conditionnement et de stockages,… et aussi les tonnes de C02 et GES pour la construction des installations et sites nucléaires, les rejets continus de GES par les tours aéro-réfrigérantes des réacteurs atomiques, l’augmentation de l’évaporation des eaux (GES) du fait du rejet dans les rivières des eaux de refroidissement des installations nucléaires,…

Sinistre vote en faveur du nucléaire estampillé « énergie verte et durable« , vote soutenu par la leader des écologistes des pays européens, Ska Keller. (2) contre l’avis des autres députés verts. Si cette forfaiture va jusqu’à son terme l’industrie nucléaire militaire et civile aura accès aux milliards d’euros censés sauver la planète d’une supposée catastrophe climatique!

Jyrki Katainen, vice-président chargé de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité s’en frotte les mains : «Pour que l’UE puisse atteindre les objectifs fixés en matière de climat à l’horizon 2030, il nous faut près de 180 milliards d’Euros d’investissements supplémentaires par an dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Il est essentiel de mobiliser des capitaux privés pour financer les investissements durables. Le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI) attire déjà des investissements privés afin d’atteindre ces objectifs« .

John Players

en savoir plus :

https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_18_3729

(2) http://www.cielvoile.fr/2019/12/le-nucleaire-serait-il-vert.html

Par Rédaction, publié le vendredi 6 décembre 2019 à 15h08

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/12/06/Macron-veut-que-l-Europe-qualifie-le-nucl%C3%A9aire-d-%C3%A9nergie-verte-et-b%C3%A9n%C3%A9ficie-d-avantages-fiscaux-%21