FUKUSHIMA: LA DÉCONTAMINATION EN SURFACE DES SOLS N’A RIEN RÉGLÉ

La revue « Soil » de l’Union européenne des géosciences publie la synthèse scientifique des actions de « décontamination » en surface entrepris au Japon depuis le début de la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daïchi sur plus de 9.000 kilomètres carrés, le territoire des 11 municipalités évacuées et celui plus vaste des 40 municipalités également touchées. Au terme de huit années, l’enlèvement de la partie superficielle de la couche arable a coûté à l’État japonais déjà 24 milliards d’euros pour un résultat bien faible et l’accumulation de 20 millions de m3 de déchets supplémentaires radioactifs. On ne sort pas d’une catastrophe nucléaire.

Après la triple catastrophe nucléaire qui a débuté le 11 mars 2011 à Fukushima-Daïchi, les autorités japonaises ont mené des opérations de « décapage » sur plus de 9.000 kilomètres carrés. Une région allant de la zone située à proximité de la centrale nucléaire – concernant 11 municipalités évacuées – jusqu’à la zone limite plus vaste des 40 municipalités également touchées significativement par la radioactivité. Objectif : tenter de faire face à la monstruosité radioactive pour pouvoir relancer le commerce et réinstaller la population dans les territoires contaminés.

Une récente étude de synthèse de soixante publications scientifiques vient d’être publiée par la revue de géosciences « Soil » de l’Union européenne. La conclusion est sans appel.

Les travaux de décontamination des sols des terres jusqu’alors cultivées, essentiellement par décapage de la couche superficielle sur une épaisseur de 5 centimètres (1), ont permis de réduire de 80% les concentrations du césium radioactif seul. Le Césium 137  » est l’un des risques majeurs pour la santé et la vie de la population à moyen et long terme. » Et pour cause, il subsiste environ trois siècles dans l’environnement. Et le problème reste entier pour les autres radionucléides, voire est accentué. Notamment dans les zones de forêts impossibles à traiter et qui recouvrent les trois quarts de la zone contaminée. « Ces forêts demeurent donc un réservoir à long terme de radiocésium« , alertent les scientifiques. D’autant qu’elles sont soumises à l’érosion des sols par les forts vents et les typhons, ou les crues et glissements de terrain, qui provoquent alors la contamination du réseau hydrographique.

Seule certitude : « le radiocésium reste bien dans les couches superficielles du sol » selon Olivier Evrard le coordinateur de la publication et chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CEA/CNRS/Université de Versailles St-Quentin-en-Yvelines). La planète et les humains et autres espèces vivantes servent ainsi de cobayes aux hypothèses des apprentis-sorciers.

Et le coût de ces agissements cyniques atomistes en est extrêmement élevé: selon les auteurs de la synthèse, rien que l’enlèvement de cette partie superficielle de la couche arable a coûté à l’État japonais plus de 24 milliards d’euros. Tout en générant une quantité délirante de 20 millions de m3 de déchets mortels impossible à traiter et devant être stockés quelque part.

Par Rédaction, publié le vendredi 13 décembre 2019 à 16h52

 (1) principale méthode retenue par les autorités japonaises à l’inverse de ce qui a été entrepris après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl débutée le 26 avril 1986 où une autre méthode de « décontamination » la « phytoextraction » a consisté à planter des végétaux censés pomper le césium du sol avec, selon les études, un rendement faible.

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/12/13/Fukushima%3A-la-d%C3%A9contamination-en-surface-des-sols-n-a-rien-r%C3%A9gl%C3%A9