DÉCHETS RADIOACTIFS : ORANO PRATIQUE-T-ELLE LA PUBLICITÉ MENSONGÈRE?

Greenpeace et le réseau « Sortir du Nucléaire » viennent de porter plainte contre les publicités d’Orano. Selon les organisations, le message véhiculé par l’entreprise à propos du retraitement des combustibles serait mensonger. Explications.

C’est notamment cette campagne de communication d’Orano (voir lien internet dans l’article ci-dessous) qui provoque la colère des associations anti-nucléaires. –

Greenpeace France et le Réseau « Sortir du Nucléaire » ont déposé ce jeudi 19 décembre une plainte devant le jury de Déontologie publicitaire, contre trois supports de communication d’Orano, vantant les mérites des activités de retraitement des « déchets radioactifs« .  Dans l’une des publicités, parue dans la presse, et dans la campagne de communication internet qui l’accompagne, il est indiqué qu’une ampoule sur dix fonctionne grâce au combustible nucléaire recyclé, alors que pour les associations, c’est une information erronée.  

Pour les deux organisations, les publicités visées laissent entendre que les déchets radioactifs sont recyclés et relèvent de l’économie circulaire alors que dans les faits, moins de 1% du combustible usé serait ré-utilisé, chiffre tiré d’un rapport du Haut Comité pour la transparence et l’Information sur la Sécurité nucléaire. Dans un communiqué, Greenpeace et « Sortir du Nucléaire » estiment que « l’objectif poursuivi par la communication d’Orano, serait de tromper les consommateurs et les citoyens dans le seul but de « verdir » l’image de la multinationale et de « greenwasher » l’énergie nucléaire, faussant le débat sur la transition énergétique« .

Orano défend la réalité du recyclage 

Du côté justement d’Orano la Hague, on rappelle que les publicités visées s’inscrivent dans une campagne de communication lancée « pour lutter contre les idées reçues sur le nucléaire », suite à un sondage réalisé par l’institut BVA en été, et qui montrait qu’une majorité de Français pensaient que le nucléaire contribuait au dérèglement climatique.

Et pour les responsables communication du site de la Hague, il y a bien une action de recyclage. « Nous traitons des combustibles usés, et non des déchets radioactifs », précise Sylvain Renouf, en charge de la communication, avant d’ajouter : « 96% de la matière est recyclée, dont 1% de plutonium utilisé dans la fabrication du mox qui assure aujourd’hui 10% de la production d’électricité nucléaire en France. Les 95% restant étant de l’uranium ». Et toujours selon Orano, cet uranium a été réutilisé pour faire fonctionner la centrale de Cruas entre 1994 et 2013 et a évité l’usage de 4 000 tonnes d’uranium extrait des mines. EDF aurait l’intention d’utiliser à nouveau dès 2023, l’uranium issu du retraitement pratiqué dans l’usine de la Hague. La notion de recyclage présente dans les publicités incriminées ferait donc bien écho à une réalité sur le terrain selon l’entreprise

Reste que d’après les associations plaignantes, le jury de Déontologie publicitaire aurait déjà par le passé, épinglé à plusieurs reprises les publicités de la filière nucléaire au motif qu’elles auraient cherché à faire passer l’idée que le nucléaire serait une énergie propre.

Par Benoît Martin, publié le vendredi 20 décembre 2019 à 13h01

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/dechets-radioactifs-orano-pratique-t-elle-la-publicite-mensongere-1576842610