GENÈVE, PLACE NEUVE, LES MILITANTS HISTORIQUES SALUENT LA FERMETURE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE MÜHLEBERG

Les manifestants de la première heure ont fêté la mort «de cette installation dangereuse»

Anne-Cécile Reimann, présidente de ContrAtom, le dit haut et fort depuis bientôt cinquante ans: «L’atome ou la vie, à vous de choisir». Vendredi soir, à la place Neuve, l’habitante de Plainpalais fêtait sous la pluie la fermeture de la centrale de Mühleberg (BE)* avec une quarantaine de militants de la première heure. Brasero, tartes, vin chaud et pancartes plantées sous le nez de la statue du général Dufour, voilà de quoi replonger cette enseignante à la retraite dans ses premiers combats écologistes.

Dans les années 70, Anne-Cécile Reimann, au volant de sa 2 CV, se rend à Malville: «Je voulais surtout voir un concert. J’arrive sur place, avec mes talons aiguilles et mon insouciance, et je découvre que les manifestants contestant la centrale nucléaire du coin subissaient une très violente répression policière. Il y a eu un mort et des blessés parmi les militants.» Un choc, une révélation puis une vocation.

En effet, depuis ce jour-là, la militante décidera de ne plus lâcher les tenants de l’énergie atomique: «C’est sûr, on avait déjà raison à l’époque, mais au fond, si ces centrales vont fermer aujourd’hui, c’est parce que les coûts des réfections sont énormes. C’est surtout pour des questions économiques au final. Nous avons été un aiguillon, ne boudons pas notre plaisir.» Sa lutte continue: «Il reste encore à voir fermer les quatre autres centrales de Suisse. En attendant, il faut investir massivement dans les énergies propres.» À peine revenu des célébrations bernoises liées à la fermeture de la centrale, le conseiller administratif Rémy Pagani savoure l’enthousiasme genevois.

Anne-Cécile Reimann profite de la présence de l’élu «pour relever le soutien financier très généreux que la Ville de Genève a apporté aux actions en justice intentées par les riverains contre la dangereuse installation de Mühleberg.» La manifestante, qui défile souvent avec sa 2 CV, réajuste ses tresses sur son blouson. Une de ses camarades féministes nous glisse dans le creux de l’oreille: «La voiture d’Anne-Cécile n’est plus en grande forme. Mais elle! Elle ne change pas.»

Publié le 21.12.2019 à 09h23

https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/place-neuve-militants-historiques-saluent-fermeture-centrale-nucleaire-muehleberg/story/15198455

NDLR: rappelons que la ville de Genève a portée plainte contre l’état français pour le danger que représente la centrale nucléaire française du Bugey.