GUERRE NUCLÉAIRE : QUELLES SERAIENT LES CONSÉQUENCES D’UNE ATTAQUE AUX ÉTATS-UNIS ?

Attaque de l’ambassade américaine à Bagdad (Irak). Tirs de roquettes. Un général tué. Des dirigeants qui se rejettent mutuellement la faute. Depuis quelques jours, les relations entre l’Iran et les États-Unis se sont encore tendues. Et c’est dans cette ambiance que des experts de la question exposent aujourd’hui ce qu’il adviendrait des États-Unis s’ils devaient être la cible d’une attaque nucléaire.

« Pas une seule ville aux États-Unis ne dispose de ce que l’on pourrait appeler un plan adéquat pour faire face à une attaque nucléaire », affirme Irwin Redlener, un expert en catastrophes de l’université de Columbia (États-Unis). « Restez à l’intérieur et restez à l’écoute. » Les simples recommandations de l’Agence fédérale de gestion des urgences semblent en effet bien légères.

Les États-Unis travaillent à trouver la parade à une explosion nucléaire à très haute altitude. Car celle-ci pourrait endommager les satellites essentiels à la communication, à la navigation et à la surveillance. De nouvelles expériences seront lancées en 2021 afin de trouver une solution pour drainer les électrons de haute énergie pris au piège du champ magnétique de la Terre dans les ceintures de rayonnement encerclant notre Planète. Par un processus baptisé radiation belt remediation (RBR), comprenez remédiation de la ceinture de radiation. Un processus qui se produit naturellement mais qu’il faudrait doper — par diffusion d’ondes radio — pour contrer une attaque nucléaire. 

Un autre expert, historien des armes nucléaires, Alex Wellerstein, a mis au point un outil interactif – un outil baptisé NukeMap – qui permet de simuler les conséquences d’une explosion nucléaire. Il peut prédire le nombre de victimes et de blessés en un endroit donné. Et donne ainsi une « image réaliste » de l’ampleur des dégâts occasionnés. Même s’il présente quelques limites. Il ne tient par exemple pas compte des conditions météorologiques qui peuvent influer notamment sur l’altitude qu’atteindra le nuage atomique.

Selon Irwin Redlener, les premières villes qui seraient visées aux États-Unis seraient New York, Chicago, Houston, Los Angeles, San Francisco et Washington D.C. Les plus grandes villes du pays. Les plus denses aussi. Et celles qui abritent des infrastructures essentielles : centrales énergétiques, centres financiers, installations gouvernementales, systèmes de transmission sans fil, etc.

Sur cette simulation, en jaune, la limite de la boule de feu qui survient moins d’un millionième de seconde après l’explosion. En vert, la limite atteinte par les retombées radioactives dans un délai de 15 minutes après l’explosion. En rouge puis en gris, les limites du souffle de l’explosion qui peut encore, loin du point d’impact, provoquer des morts. Et en orange, celle du rayonnement thermique susceptible de brûler les populations. © Nukemap 2.65, Alex Wellerstein, Google Maps

New York, une ville en grand danger

Voici donc un aperçu des conséquences d’une attaque nucléaire sur ces six villes sensibles. Une attaque au moyen d’une bombe atomique de 15 kilotonnes, semblable à celle qui a explosé sur Hiroshima (Japon), il y a près de 75 ans, faisant probablement au total, des centaines de milliers de victimes.

C’est à San Francisco que le nombre de morts serait le plus faible : 64.000 tout de même. Mais la ville pourrait aussi avoir à déplorer plus de 170.000 blessés. De ce côté-là, c’est Houston qui s’en sortirait le mieux avec « seulement » 65.000 personnes blessées. Les plus en danger seraient les habitants de New York. La ville pourrait en effet avoir à dénombrer plus de 264.000 morts et 512.000 blessés !

Si une bombe devait être larguée sur le centre de Washington D.C., la capitale du pays, le Pentagone et l’aéroport Ronald Reagan pourraient échapper aux rayonnements thermiques. Mais la Maison-Blanche pourrait être endommagée par le souffle de l’explosion.

Par Nathalie Mayer, Journaliste, publié le 03/01/2020

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