OFFENSIVE PRO-NUCLÉAIRE À L’OCCASION DE LA NOUVELLE PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DE L’ÉNERGIE (PPE)

La loi énergie-climat et la nouvelle PPE prévoient sournoisement de prolonger l’ensemble des réacteurs nucléaires français au-delà de leur durée de fonctionnement initialement prévue de 30 ans (NDLR : mais aujourd’hui on prétend 40 ans !) pour en valider, par entêtement purement idéologique et financiers, leur fonctionnement au-delà de 40 ans, voire 50 ans ou plus encore comme le réclame le nucléariste EDF.

Ni vu, ni connu, à la barbe des populations et sans aucune prise en compte des conséquences sanitaires ni atteintes au vivant et à l’environnement. Duperie ultime : l’annonce de fermetures de réacteurs vétustes et mal en point pour dans… 15 ans et l’implantation sur les sites concernés de réacteurs atomiques EPR. Ignoble.

La nouvelle PPE ne prévoit pas de fermer 12 réacteurs à l’âge de 50 ans ou même plus tôt mais lorsqu’ils arrivent à l’échéance de leur 5ème visite décennale c’est à dire au-delà de leurs 50 ans. Dix ans de gagnés, voire vingt ans même, par un tour de passe-passe sémantique. C’est qu’on a l’habitude dans la nucléocratie de faire prendre des vessies pour des lanternes depuis des décennies, de manipuler à grand coup de service de propagande et d’embauche de linguistes et autres experts en manipulation des masses. Que ce soit par la communication de chaque direction de site atomique (voir le vrai-faux redémarrage de Tricastin 1 qui selon les médias aux ordres relayant un communiqué d’EDF affirmaient qu’elle avait obtenu le feu vert de l’ASN pour fonctionner au-delà de 40 ans, ce qui est faux) ou au niveau national avec le ballet d’annonces du gouvernement demandant à EDF d’envisager d’implanter six nouveaux EPR en France (alors que EDF qui a du mal à achever celui de Flamanville en avait déjà présenté la demande à la Commission Européenne plusieurs mois plus tôt et travaillait sur ce dossier depuis plusieurs années).

Une PPE à contre-courant de la transition écologique*

La PPE fait allégrement abstraction de l’état des réacteurs d’ores et déjà dégradé et plus que vétustes : une partie des équipements ne sont ni réparables, ni remplaçables et s’usent avec le temps notamment les cuves bombardées par les réactions neutroniques. Sans compter les multiples anomalies, fuites, emballements et les malfaçons. Cette loi s’assied sur les prescriptions à venir de l’ASN concernant la mise aux normes inéluctables des vieux réacteurs ni ne prend en compte les volumes énormes de déchets radioactifs que leur prolongation va générer, sans aucune étude d’impact environnementale non plus.

Cette PPE retire aux populations et aux travailleurs le droit de savoir en décidant d’annoncer la fermeture d’un réacteur que seulement 3 ans avant, alors que la planification d’un site atomique tel à Fessenheim a demandé 8 ans. Empêchant de fait de penser et organiser la reconversion socio-économique des travailleurs et des territoires concernés, et ce faisant de créer les conditions de reports de fermetures à répétition.

Ainsi, si EDF évoque la possible fermeture de deux réacteurs atomiques sur quatre au Tricastin et à Cruas et de deux autres aussi vétustes sur les sites nucléaires du Blayais (Gironde), Bugey (Ain), Chinon (Indre-et-Loire), Dampierre (Aube) et Gravelines (Nord), dans le même temps le nucléariste fait tout son possible pour déjouer ces fausses annonces de façade. Aucun des sites atomiques concernés ne fermera donc et continuera à contaminer et menacer la France et les pays limitrophes.*

Le coup de bluff permanent des médias et des institutions

Dans la lignée, le « Dauphiné Libéré » prompt à devancer le moindre sourcillement des nucléaristes régionaux, relaie sans esprit critique – ou simplement journalistique de base – les âneries des adeptes de la destruction atomique. Cette fois-ci, se loue le journal, c’est à l’occasion des vœux du maire (LREM) de Saint-Paul-Trois-Châteaux que le nouveau Préfet de la Drôme nommé par E.Macron et arrivé début mars – et dont le pédigrée est des plus dense et étonnant  (1) – a salué la décision du gouvernement de repousser à 2035 l’objectif de diminuer la part du nucléaire dans la production d’électricité et appelé de ces vœux l’implantation d’un EPR sur le site du Tricastin. Pas moins ! Obscurantisme et fanatisme quand tu nous tiens…

Auparavant, son alter-ego d’Ardèche annonçait dans la soirée suivant le séisme du Teil en novembre dernier, que les réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) n’avaient subi « aucun dégât sur les bâtiments et (que) les installations fonctionnent normalement« . Chacun a pu depuis mesurer le décalage entre la propagande idéologique et servile d’avec la réalité. Le réacteur nucléaire de Cruas 1 est toujours à l’arrêt depuis le 7 septembre au petit matin, le réacteur nucléaire n°3 ne parvient à atteindre sa puissance nominale de 915MW que par à-coups et le réacteur 4 en arrêt pour défaillance depuis le 14 décembre à 11h30, a des poussées impromptues de surchauffe et joue aussi du yoyo atomique (2).

Il est vrai, et la boucle est bouclée, que le 5 décembre dernier le préfet de la Drôme pérorait en criminalisant les luttes sociales: « Il n’est pas possible de tolérer les actes de sabotage au nom de revendications sociales ou protestations syndicales« .

Une consultation publique sur ce projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2019-2028 est ouverte au public. Mais il faut faire vite, très vite car le gouvernement ne l’a planifié que du 20 janvier 2020 au 19 février 2020. Un mois pas plus, et les pro-nucléaires organisés par la nucléocratie industrialo-militaire et administrative assaillent de leur commentaires le site internet de la consultation (3).

* Dans le même temps, la PPE gouvernementale baisse l’objectif pour l’éolien terrestre à 33,2 contre 34,7 GW et même contre les 35,6 GW de la version précédente. Le gouvernement a revu également à la baisse le photovoltaïque qui passe à 35,1 contre 44 GW et même 44,5 GW dans la première version de la PPE.

NOTES :

(1) Adepte des sports de combat, agrégé de droit, ancien membre de la cellule « Riposte » constituée par Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentielle de 2007, ancien conseiller au sein de cabinets ministériels notamment de l’intérieur auprès de C.Guéant en charge des services de renseignement, Directeur Général Délégué de la société privée « Guy Dauphin Environnement » condamnée en 2016 à fermer une décharge controversée dans l’Orne et poursuivie pour une vaste escroquerie, avocat associé au cabinet August & Debouzy, Directeur général d’Odyssée et d’Ushuaïa TV, mandataire de 15 autres sociétés privés.

(2) http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/12/15/Cruas-Meysse-%3A-Red%C3%A9marrage-poussif-er-dangereux-des-r%C3%A9acteurs-atomiques

(3) http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/consultation-du-public-sur-le-projet-revise-de-a2127.html

Par Rédaction, publié le mardi 21 janvier 2020 à 15h56

SOURCES

https://www.gderecyclage.com/

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/proces-en-vue-pour-le-poids-lourd-des-dechets-guy-dauphin-environnement_109991

https://c.ledauphine.com/environnement/2020/01/21/drome-ardeche-quatre-reacteurs-des-centrales-nucleaires-de-cruas-et-du-tricastin-fermees-d-ici-2035

https://www.ledauphine.com/france-monde/2020/01/21/nucleaire-la-liste-des-reacteurs-a-arreter

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