CHAUFFAGE : LE NOUVEAU CADEAU DU GOUVERNEMENT AU LOBBY DU NUCLÉAIRE

La nouvelle réglementation environnementale RE 2020 avantage les radiateurs électriques. Officiellement prise pour des raisons climatiques, cette décision assure surtout des débouchés à la filière nucléaire.

La révision du « facteur de conversion en énergie primaire de l’électricité » n’est assurément pas la plus médiatique des réformes du gouvernement. Mais derrière ce sujet trop « techno » pour passer au JT, se cache une grosse affaire, qui s’est jouée loin des micros et des caméras.

L’État, on le sait, est le principal actionnaire d’EDF, lequel, on le sait aussi, est en grande difficulté. L’électricien tricolore est plombé par sa dette, par la dérive des coûts de ses nouvelles centrales nucléaires en construction en France et au Royaume-Uni et par un mur d’investissements à réaliser pour maintenir des capacités de production vieillissantes. Dans ce contexte, la tentation de pousser les Français à consommer davantage d’électricité (dont les prix augmentent par ailleurs plus vite que l’inflation) est plus forte que jamais. Y compris de manière sournoise, en bricolant en catimini certains paramètres de la nouvelle réglementation environnementale et thermique des bâtiments, dite RE 2020. Le but de l’opération ? Favoriser le retour des radiateurs électriques dans les logements neufs, ces appareils « à effet Joule » (qui produisent de la chaleur via une résistance) étant pourtant bien plus gourmands en électricité et bien moins efficaces que les pompes à chaleur 1… mais bien moins chers à l’achat.

Nouvelle réglementation thermique

Pour comprendre ce qui est en train de se passer, faisons un saut en arrière. Au lendemain du premier choc pétrolier, la France se décide à partir à la chasse au gaspillage. Elle adopte en 1974 la première réglementation thermique, dite RT 1974, qui impose aux constructeurs des normes visant à réduire la consommation énergétique des logements neufs. Celles-ci seront par la suite régulièrement renforcées. (NDLR : mais bien trop lentement !!)

En 2007, le Grenelle de l’environnement, qui décline au niveau français les nouvelles ambitions climatiques de l’Europe 2, marque un tournant dans cette évolution. La nouvelle réglementation thermique qui en est issue, entrée en vigueur en 2012 (la RT 2012), abaisse drastiquement le niveau maximal de consommation énergétique des logements neufs.

Ce plafond est calculé en « énergie primaire », c’est-à-dire qu’il comprend l’électricité, le gaz ou le bois utilisé par les ménages pour se chauffer, cuisiner, l’eau chaude… mais également l’énergie dépensée et dissipée pour produire et transporter cette électricité, ce gaz ou ce bois.

La RT 2012 fixe un coefficient de consommation maximale d’énergie primaire variant entre 40 et 60 kilowattheures par mètre carré et par an (selon les zones climatiques), quand les normes jusque-là définies par la RT 2005 permettaient à un logement de consommer entre 130 et 250 kWh/m²/an. A partir de la RT 2012, le niveau de consommation d’énergie primaire d’un logement pour couvrir les besoins de ses occupants (pour se chauffer, avoir de l’eau chaude, s’éclairer, climatiser) va ainsi devenir un indicateur fondamental, la boussole de tous les constructeurs.

Énergie primaire et énergie finale

De point de vue de l’environnement, on comprend qu’il est préférable de compter la consommation énergétique des bâtiments en énergie primaire (consommation des ménages et des producteurs) plutôt qu’en énergie finale (uniquement la consommation des ménages), car cela reflète mieux la réalité de la pression sur les ressources naturelles. Cette méthodologie a été adoptée au niveau européen et donc imposée aux États membres.

Pour produire 1 unité d’énergie sous forme d’électricité, il a fallu en mobiliser environ 3 sous forme de chaleur. On parle ainsi d’un coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité de 3

Cependant, cette approche n’est pas du tout de l’intérêt d’un électricien comme EDF, qui vendrait beaucoup d’électricité pour chauffer les logements. Alors que dans la plupart des pays européens, l’électricité sert marginalement comme moyen de chauffage, c’est l’inverse dans l’Hexagone. En Allemagne, seuls 2 % des logements sont chauffés par un équipement électrique, contre 36 % en France 3.

La raison pour laquelle le comptage en énergie primaire ne plaît pas à EDF relève des lois de la thermodynamique. Lorsque l’on transforme de la chaleur (issue de la combustion du charbon, du gaz ou d’une réaction nucléaire) en électricité (via une turbine à vapeur couplée à un alternateur), l’écart entre l’énergie (primaire) qui entre dans le système sous forme de chaleur et l’énergie (finale) qui en sort sous forme d’électricité est très important.

Pour produire une unité d’énergie sous forme d’électricité, il a fallu en mobiliser environ trois sous forme de chaleur. On parle ainsi d’un coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité de 3. Au contraire, si l’on chauffe son logement avec de la chaleur directe (avec des bûches, du gaz ou du fuel ou du charbon), la déperdition entre énergie primaire et énergie finale est faible, car de l’extraction jusqu’au consommateur, il y a peu de transformation. Le coefficient de conversion est proche de 1. Ainsi, pour respecter un critère de consommation exprimé en énergie primaire (en l’occurrence 50 kWh/m²/an pour la RT 2012), il faudrait théoriquement qu’un logement chauffé à l’électricité consomme trois fois moins d’énergie (finale) qu’un logement chauffé au gaz.

Le facteur de conversion abaissé à 2,3

À partir du moment où la réglementation thermique impose de compter en énergie primaire, la détermination du facteur de conversion de l’électricité entre énergie primaire et finale est un enjeu capital pour les électriciens français. Leur intérêt est que les pouvoirs publics fixent un facteur de conversion « administratif » le plus bas possible par rapport à la réalité physique, ce qui, inversement, va contre l’intérêt des vendeurs de gaz et de chaudières individuelles.

Les électriciens ont eu gain de cause, le facteur de conversion de l’énergie primaire va passer à 2,3 au 1er janvier 2021

Cette pomme de discorde était au cœur des discussions sur la future RT 2012, au moment du Grenelle de 2007. Le ministre de l’Environnement de l’époque, Jean-Louis Borloo, avait tranché en faisant inscrire dans la loi Grenelle I (2009) un facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire de 2,58. Une valeur très en deçà de la réalité d’un parc électrique largement dominé par les centrales nucléaires (lesquelles affichent un coefficient de 3,3) et très au-dessus des exigences des électriciens, mais qui servait à l’époque de base de calcul dans les statistiques de l’énergie 4. C’était un point de compromis.

Ce coefficient est resté en vigueur, jusqu’à ce que la loi de transition énergétique en 2015 ne vienne rouvrir le débat. Une nouvelle réglementation environnementale, la RE 2020 doit l’actualiser. Cela n’a pas échappé aux électriciens qui ont lancé des offensives soutenues pour obtenir une baisse de ce coefficient. Leurs efforts ont visiblement été récompensés. Le ministère de la Transition écologique a dévoilé la semaine passée les nouveaux paramètres qui s’appliqueront au 1er janvier 2021. Résultat : le facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire va passer à 2,3.

Vers un regain du chauffage électrique

EDF n’avait jamais digéré la RT 2012, qui s’est traduite par la chute de l’installation de radiateurs électriques dans les logements neufs. Selon RTE, le chauffage électrique dont la part de marché dans la construction neuve avait atteint 70 % en 2008 a dégringolé à partir de cette date, les constructeurs anticipant la future réglementation. En 2014, cette part était tombée à 30 % et se situe à ce niveau depuis. Inversement, la part du gaz a progressé et détrôné l’électricité dans le neuf : elle est passée de 33 % en 2012 à 45 % en 2017, selon les données du Ceren.

Cette évolution dénoncée par EDF doit toutefois être relativisée, car la construction neuve représente un flux marginal par rapport au stock de logements. À l’échelle de l’ensemble du parc, les parts respectives des logements chauffés au gaz et à l’électricité ont peu varié depuis 2012 : de l’ordre de 41 % et 36 %, toujours selon les données du Ceren. En valeur absolue, le nombre de résidences principales chauffées à l’électricité a même progressé, passant de 9,6 millions en 2012 à 10,5 millions en 2017.

Il n’en reste pas moins vrai que la consommation d’électricité pour le chauffage est orientée à la baisse depuis 2008 (voir graphique ci-dessous) et que l’évolution de la réglementation thermique après le Grenelle de l’environnement y a contribué, via la meilleure isolation de l’habitat neuf et le déploiement des pompes à chaleur. En 2017, elles équipaient déjà 11,5 % de toutes les résidences principales chauffées à l’électricité, une proportion qui atteint désormais 42,5 % dans la construction neuve (57 % en maison individuelle).

Cette baisse de la consommation électrique du chauffage a eu un effet très positif pour la sécurité du système électrique, puisque les appels de puissance en hiver ont été réduits d’autant. En revanche, elle ne fait pas les affaires des vendeurs d’électricité. D’où leur lobby actif pour obtenir la baisse du facteur de conversion de l’électricité, afin de regagner des parts de marché sur leur principal concurrent : le gaz. Un lobbying mené entre autres par l’association Équilibre des Énergies, qui réunit de grands industriels et associations professionnelles sous la présidence de l’ex-ministre de l’Environnement Brice Lalonde (1991-1992).

Pourtant, ce combat pour faire remonter la part de l’électricité et réduire celle du gaz dans le logement n’est-il pas justifié ? Au niveau des usages finaux, une chaudière à gaz émet du CO2. Un chauffage électrique n’en émet pas. Face à l’urgence climatique, il n’y aurait donc pas à hésiter. Sauf que c’est un peu plus compliqué.

Les radiateurs électriques, pas si bon pour le climat

Pas émetteur de CO2 le chauffage électrique ? Rappelons qu’on se chauffe durant les mois d’hiver, non toute l’année. Le fait de se chauffer à l’électricité – une exception française – induit donc des pics de demande très importants, particulièrement les soirées d’hiver. Et pour répondre à ces pics de demande, on n’utilise pas des centrales nucléaires, ce qui ne serait ni rentable ni simple techniquement mais des capacités pilotables, aujourd’hui essentiellement fournies par des centrales thermiques à gaz. Plus on consomme de l’électricité pour se chauffer et plus les besoins de capacités en pointe sont élevés.

En matière d’émissions de CO2, le radiateur électrique est derrière le fioul et la chaudière à gaz mais il émet trois fois plus qu’une pompe à chaleur

Il faut donc intégrer dans les calculs les émissions indirectes de CO2 du chauffage électrique. Une étude de Carbone 4 a montré que pour une consommation en chauffage équivalente, une chaudière individuelle à gaz émet 35 % de CO2 en plus qu’un radiateur électrique. Clairement, le gaz (sauf à brûler du biométhane) est, après le fioul, le plus mauvais des moyens de chauffage. Cependant, le radiateur électrique vient juste après sur la liste. En raison des mauvaises performances des radiateurs à effet Joule (qui transforment de l’électricité en chaleur via une résistance), ils émettent trois fois plus de CO2 que les pompes à chaleur qui fonctionnent elles aussi à l’électricité. Au regard de l’enjeu climatique, la conclusion est qu’il vaut mieux favoriser les solutions de chauffage les moins émettrices (réseaux de chaleur pour les zones urbaines, pompes à chaleur et chaudières à bois en habitat individuel), ce qui ne plaide pas pour les chaudières à gaz, mais pas non plus pour les « grille-pains ».

Effet Joule contre effet pompe

C’est ici que se situe le nœud du débat. Comme l’ont fait observer des associations expertes sur les questions énergétiques, Négawatt, Hespul ou le Cler, le facteur actuel de conversion de l’électricité en énergie primaire (2,58) ne pose pas de problème sur un plan technique pour respecter des normes très exigeantes de consommation primaire dans un logement chauffé électriquement. À condition que l’appareil de chauffage soit une pompe à chaleur, car sa consommation d’électricité est faible. En revanche, si c’est un radiateur classique à effet Joule, ça devient plus compliqué voire impossible, car il faudrait surcompenser par l’isolation à des coûts prohibitifs.

L’argument climatique mis en avant cache surtout une volonté de vendre le plus d’électricité possible

Le lobbying d’EDF et de groupements d’intérêts, comme Équilibre des Énergies, pour obtenir la baisse du facteur de conversion n’est donc pas exactement motivé par un objectif environnemental. L’argument climatique mis en avant cache surtout une volonté de vendre le plus d’électricité possible – et donc préserver autant que possible le parc nucléaire –, quand une logique d’économie de ressources et de réduction des impacts environnementaux voudrait que l’on privilégie les solutions les moins émissives et les plus efficaces. Réduire les besoins d’électricité en améliorant l’efficacité des systèmes est par ailleurs indispensable pour atteindre des niveaux élevés de pénétration des énergies renouvelables.

Les solutions les meilleures (pompes à chaleur, chaudières bois, réseaux de chaleur urbains) sont toutefois plus coûteuses à l’investissement. Il ne suffit donc pas de décourager l’équipement en radiateurs électriques en jouant sur des normes. Il faut aussi s’assurer que les bonnes solutions soient accessibles aux classes modestes.

La revanche du gang des grille-pains

Après avoir perdu la partie en 2012, le « gang des grille-pains » 5 a eu sa revanche. Dès début 2019, l’administration faisait avancer le principe d’une baisse du facteur de conversion, par petites touches.

Pour ce faire, l’administration va passer par un procédé pour le moins tordu, décrypté et dénoncé par l’association Négawatt (ici et ici). Le principe est d’adopter aujourd’hui le coefficient de conversion qui serait observé en 2035, selon le mix électrique prévu à cette date, à savoir : ramener la part du nucléaire à 50 % (contre 75 % aujourd’hui) et celle des énergies renouvelables à 45 %.

L’administration utilise un procédé tordu qui consiste à adopter aujourd’hui le coefficient de conversion qui serait observé en 2035 selon le mix électrique prévu à cette date

Compte tenu d’une moindre part du nucléaire (dont le coefficient de conversion est de 3,3) et d’une plus forte pénétration des renouvelables (hydraulique, éolien, photovoltaïque, dont le coefficient est 1), on arriverait en 2035 à un coefficient moyen de 2,1. Mais pourquoi adopter aujourd’hui ce coefficient de 2,1 attendu en 2035 ? Parce que, argumente l’administration, compte tenu de la durée de vie des bâtiments mis en chantier aujourd’hui, c’est bien ce coefficient futur qui se vérifiera. À ceci près que personne n’a de boule de cristal pour dire de quoi sera fait le futur et que, le coefficient de conversion qui correspond au mix électrique actuel s’établit à 2,7.

S’il fallait absolument modifier le coefficient de 2,58 inscrit aujourd’hui dans la réglementation pour se conformer à la réalité, c’est plutôt ce chiffre de 2,7 qui devrait être retenu. Il n’est du reste pas sûr que le tour de passe-passe imaginé par l’exécutif soit juridiquement valide. Il pourrait être retoqué par la législation européenne qui prévoit que le coefficient de conversion soit révisé au fur et à mesure de l’évolution constatée du mix électrique, et non sur la base d’anticipations imaginaires.

Traficotages sur le contenu carbone de l’électricité

Après l’émoi suscité au printemps par l’annonce du coefficient 2,1, une nouvelle réunion de concertation se déroule le 7 novembre. L’administration parle cette fois d’un coefficient de 2,3, et qui sera finalement le chiffre retenu. À l’époque, cette nouvelle ne fait qu’attiser la colère d’une bonne partie de la profession. Une longue tribune publiée le 27 novembre à l’initiative du bureau d’études Enertech est signée par plus de 1 500 professionnels du bâtiment et de l’énergie. Outre le traficotage sur le coefficient de conversion, ce texte pointe d’autres régressions de la RE 2020.

Pour tester les contours de cette réglementation, le précédent gouvernement avait lancé, fin 2016, le label Énergie Carbone, dit « E+C- » (bâtiments à énergie positive et réduction carbone). La philosophie est d’aller au-delà du seul durcissement des normes sur la consommation d’énergie, comme on l’a fait avec les régulations thermiques qui se sont succédé de 1974 à 2012. Il s’agit désormais de s’attaquer également au contenu carbone de l’énergie utilisée.

Le gouvernement a révisé à la baisse l’empreinte carbone du chauffage électrique, passant de 210 à 79 g de CO2 par kWh

À ce titre, le gouvernement a décidé de réviser à la baisse l’impact carbone du chauffage électrique. Dans le label E+C-, l’empreinte carbone du chauffage électrique était fixée à 210 grammes de CO2 par kWh. Mais, l’administration a retenu pour la future RE 2020 la valeur de 79 g de CO2/kWh. La première valeur est calculée sur une base saisonnalisée : elle prend en compte le fait qu’en hiver, quand les chauffages électriques fonctionnent, la fourniture d’électricité s’appuie sur un recours important à l’électricité d’origine fossile (avec notamment les importations d’électricité depuis l’Allemagne). Quant à la seconde, elle repose sur un calcul annuel moyen. Cette méthode de calcul permet de présenter un bilan carbone beaucoup plus favorable (les radiateurs ne fonctionnent pas l’été !). Ni l’une ni l’autre de ces deux méthodes ne sont bonnes ou mauvaises en soi. S’il s’agit de connaître le bilan carbone total, le calcul annualisé est pertinent. S’il s’agit, comme c’est l’objet de la RE 2020, de réduire les émissions de CO2 liées à la construction, alors c’est le calcul saisonnalisé qu’il serait logique de retenir.

« Arrêtons d’avoir le nucléaire honteux »

La tension dramatique est encore montée d’un cran le 3 décembre dernier lors du colloque annuel de l’Union française de l’électricité (UFE). Olivier David, le chef du service du climat et de l’efficacité énergétique à la DGEC y a déclaré : « Il faut qu’on arrête d’avoir l’électricité honteuse dans le domaine du bâtiment. Pour nous l’électricité est la solution pour réussir l’atteinte de la neutralité carbone dans le bâtiment à l’horizon 2050. » Pour Coénove, le syndicat des professionnels du gaz dans le bâtiment, « l’État a choisi son camp », ainsi que le titre un communiqué publié le surlendemain dénonçant le double artifice de la baisse du coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire (de 2,58 à 2,3) et de la baisse du contenu carbone du chauffage électrique (de 210 g de CO2/kWh dans l’expérimentation E+C- à 79 g de CO2/kWh).

La nouvelle réglementation environnementale des bâtiments est supposée garantir que les maisons et les immeubles que nous construisons aujourd’hui sont en phase avec l’urgence climatique et écologique. Des bâtiments qui ne consomment pratiquement pas d’énergie, voire qui en produisent au-delà de leurs besoins grâce au solaire thermique et photovoltaïque. Et dont les principes de construction permettent de réduire au maximum la pression sur les ressources naturelles et les déchets. Les choix actuels du gouvernement laissent la désagréable impression que c’est le cadet des soucis des trois protagonistes les plus puissants de cette affaire : les grands fournisseurs de gaz (essentiellement fossile) et le grand fournisseur d’électricité (essentiellement nucléaire), surtout préoccupés de vendre des kWh, et l’État, qui a fait ses choix.

NOTES :

  1. Système qui capte les calories de l’air ou du sol à partir d’une pompe fonctionnant avec de l’électricité. C’est en gros un réfrigérateur qui marcherait en sens inverse : il fournit du chaud à l’intérieur en rejetant du froid à l’extérieur.
  2. En 2007, le Conseil européen adopte les objectifs qui seront fixés deux ans plus tard dans le « paquet énergie-climat» : avoir réalisé en 2020, 20 % de baisse d’émissions de gaz à effet de serre, 20 % de gains d’efficacité énergétique par rapport au scénario tendanciel et atteint 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie.
  3. Marché de la chaleur en France et en Allemagne, OFATE-DFBEW, novembre 2019.
  4. Utilisé dans le calcul des bilans énergétiques, le coefficient de 2,58 a été établi à une époque où les centrales nucléaires ne dominaient pas encore le parc de production. Les moyens thermiques, qui affichent un coefficient inférieur au nucléaire étaient plus importants. Par ailleurs, l’hydraulique, dont le coefficient de conversion égale 1, occupait une part plus importante dans le mix électrique.
  5. Surnom donné par leurs adversaires aux partisans des convecteurs électriques pour chauffer les logements. Il désigne surtout EDF et la filière électronucléaire.

Par Antoine de Ravignan, publié le 20/01/2020

https://www.alternatives-economiques.fr/nouveau-cadeau-gouvernement-lobby-nucleaire/00091559