PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DE L’ÉNERGIE : LES FILIÈRES RENOUVELABLES PLUTÔT SATISFAITES

Syndicat des énergies renouvelables (SER) se félicite de la publication d’une version révisée de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui donnera une visibilité aux différentes filières et permettra d’accompagner leur développement. Cependant, la programmation ne donne pas une place suffisante au biométhane et à la géothermie, regrette son président Jean-Louis Bal.

Parmi les points positifs, le texte trace des perspectives ambitieuses de développement de la chaleur renouvelable, ce qui marque l’importance de ce secteur dans la stratégie de décarbonation du mix énergétique national. Dans un contexte de gel de l’évolution de la trajectoire de la taxe carbone, le SER se félicite de la stabilisation du Fonds Chaleur à 350 M€ à partir de 2022 si aucune évolution de la fiscalité carbone n’intervient d’ici là.

La PPE confirme que les biocarburants de première génération resteront un levier essentiel de décarbonation du secteur des transports. Elle permettra aux filières électriques (éolien, hydro, solaire)  de poursuivre « leur dynamique de développement, avec des rythmes de 1 850 MW par an pour l’éolien terrestre et de près de 3 000 MW par an pour le solaire photovoltaïque. La contribution de l’hydroélectricité restera, quant à elle, essentielle, avec des marges de progression plus limitées mais réelles et clairement identifiées. »

L’une des modifications majeures par rapport au projet de PPE présenté en janvier 2019 concerne l’éolien en mer. Le projet révisé évolue en revoyant à la hausse les volumes qui seront attribués.

Enfin, le SER se félicite que le Gouvernement reconnaisse à travers la PPE que certaines filières, qui sont aujourd’hui à des stades de maturité moins avancés, comme l’hydrolien notamment, disposent encore de véritables marges de progression.

Déception pour le biométhane

Pour la filière du gaz renouvelable, la version révisée de la Programmation est une déception. Le Syndicat regrette que la PPE maintienne un objectif de 6 TWh de biogaz injecté en 2023, ce qui représente un recul par rapport à la PPE en vigueur. Cette dernière est donc décorrélée de la dynamique observée sur le terrain, où les projets se développent rapidement. En parallèle, la trajectoire de baisse des coûts pour les projets qui seront développés à travers les appels d’offres reste trop brutale et risque de compromette le développement des projets futurs. « Nous souhaitons que la concertation avec la filière se poursuive rapidement afin de préciser l’évolution concrète du cadre économique dans les prochains mois », insiste Jean-Louis Bal, président du SER.

Difficultés pour la cogénération bois et pour la géothermie

La PPE représente par ailleurs selon le SER,  une « occasion manquée »  pour deux filières condamnées par l’absence de perspectives de développement. « Avec la non-poursuite des projets de cogénération bois, la France se prive à la fois d’un moyen efficace de lutte contre le changement climatique et d’un levier important pour structurer l’amont de la filière forestière. Et avec l’absence de soutien à la géothermie électrique disparaît également la possibilité de développer une filière de production locale de lithium, et cela au moment précis où la France souhaite jouer un rôle de premier plan dans le développement d’un outil industriel pour les batteries » regrette Jean-Louis Bal.

Par Michel Deprost, publié le 27 janvier 2020

Photo en titre : Jean-Louis Bal, président du Syndicat des Énergies renouvelables (SER). ©SER

https://www.enviscope.com/programmation-pluriannuelle-de-lenergie-les-filieres-renouvelables-plutot-satisfaites/

NDLR : pour en savoir plus sur la possibilité de développer une filière de production locale de lithium, voici un extrait d’un article que vous pouvez retrouver sur : https://www.usinenouvelle.com/article/et-si-on-parlait-bois-energie-geothermie-et-lithium-propose-le-syndicat-des-energies-renouvelables.N894604

EXTRAIT :pour produire du lithium français ?

Avec la géothermie profonde, la France pourrait « produire l’équivalent de 6 % du marché mondiale de lithium ou au moins satisfaire les besoins français« , assure le président du SER. Ce chiffre provient d’une étude réalisée à l’usine de Roquette Frères à Beinheim (Bas-Rhin), en Alsace, alimentée en vapeur par la centrale à géothermie profonde de Rittershoffen (Bas-Rhin) inaugurée par EDF en juin 2016. Elle estime qu’il serait possible d’extraire 80 % du lithium naturellement présent dans les eaux thermales puisées en profondeur, avant de les y renvoyer, soit une production pour ce site à hauteur de 1 500 tonnes de carbonate de lithium par an. Avec dix usines de ce type, on pourrait donc produire 15 000 tonnes par an, soit « 6 % de la consommation mondiale », affirme Jean-Louis Bal…