IMPLANTATION D’EPR AU TRICASTIN ? UNE NOUVELLE LUBIE QUI ENFERMERAIT ENCORE UN PEU PLUS LA FRANCE DANS L’IMPASSE NUCLÉAIRE

Après le préfet de la Drôme en début d’année, ce sont 4 élus drômois (*) qui, s’arrogeant le droit de décider à la place de la population, demandent l’implantation de deux réacteurs  EPR sur le site du Tricastin. 

Derrière ces élus locaux, c’est bien EDF qui est à la manœuvre : n’est-il pas étrange que ce vœu, soi-disant local, surgisse juste un mois après un vœu semblable émis par des élus « locaux » de l’Ain pour accueillir 2 EPR sur la centrale du Bugey ?! 

Rappelons que  le site du Tricastin, qui comprend outre les réacteurs, de nombreuses installations atomiques, est situé en zone sismique (**) et sous le niveau d’eau du canal de Donzère-Mondragon, exposant ainsi potentiellement le site à un débordement du canal ou à la rupture d’une de ses digues. Le débit moyen du Rhône a baissé de 30% depuis 20 ans et si le phénomène se poursuit, il pourrait baisser de moitié et deviendrait insuffisant pour refroidir d’énormes EPR. Implanter de nouveaux réacteurs sur le site exposerait donc la population à des risques insensés. 

En outre, l’EPR est une catastrophe industrielle et financière. Le chantier du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville, en Normandie, tout comme le chantier finlandais, n’en finissent pas de s’enliser. Selon les dernières estimations, ils auront plus de 10 ans de retard et coûteront 12 milliards d’euros au lieu de 3 annoncés initialement... Un vrai gâchis ! Ce fiasco est révélateur de l’état général de l’industrie nucléaire, où les affaires de malfaçons et de fraudes s’accumulent, symptôme d’une dérive généralisée de la filière. L’Autorité de sûreté nucléaire, elle-même, pointe une dangereuse perte de compétences et doute des capacités de l’industrie nucléaire à réaliser de gros travaux. De plus, les coûts des énergies solaire et éolienne ne cessent de baisser : 50/70 euros le  MWh, alors que le coût du MWh EPR est annoncé à 120 euros …

L’avenir du site nucléaire du Tricastin devrait plutôt être dans l’arrêt des vieux réacteurs délabrés et à bout de souffle, à commencer par le réacteur numéro 1, accompagné d’un plan de reconversion des travailleurs et travailleuses.

Plutôt que d’investir dans des centrales nucléaires en fin de vie, il est urgent de développer massivement les économies d’énergie et d’investir dans les  énergies renouvelables véritablement respectueuses de l’humain et de l’environnement (ce qui est loin d’être le cas du nucléaire), pour lutter réellement contre le réchauffement climatique.

Ainsi, les riverains du site du Tricastin et des autres centrales n’auront plus à vivre avec le risque d’accident, la pollution des rejets chimiques et radioactifs et la crainte des transports de déchets et de « combustibles » radioactifs à haut risque. 

*Célia de Lavergne députée, Marie-Pierre Mouton présidente  du conseil départemental, Alain Gallu et Jean-Michel Cathelinois maires

** Le dernier séisme en date le 11 novembre 2019 au Teil, à 15km du Tricastin était d’une magnitude de 5,4

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Retrouvez ce communiqué sur notre site : https://www.sortirdunucleaire.org/Implantation-d-EPR-au-Tricastin-Une-nouvelle