UN « RISQUE » IDENTIFIÉ POUR LES CENTRALES NUCLÉAIRES EN CAS DE SÉISME

EDF a identifié un « risque » à la centrale nucléaire du Tricastin, située à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), mais aussi dans d’autres centrales nucléaires françaises en cas de tremblement de terre.

« Sur le réacteur n°1 de Tricastin, lors de la visite décennale, des enquêtes par les équipes d’EDF ont permis d’identifier un risque, en cas de séisme, d’interaction entre des armoires électriques et des châssis de relayage. En effet, en cas de sollicitation sismique, ces éléments pourraient entrer en interaction du fait d’une distance réduite et d’une absence de liaison entre eux. Or, les codes de conception imposent lorsque la distance est réduite, de les lier entre eux afin de ne pas endommager les composants à l’intérieur », indique l’exploitant dans un communiqué daté du vendredi 21 février. 

Si « ces défauts de liaisonnement » ont été corrigés, la  problématique n’est en fait pas propre à Tricastin. C’est ce qu’EDF a observé après avoir lancé « un programme de contrôles sur tous les réacteurs des paliers concernés ».  Conclusion : « Des non-conformités ont été constatées sur l’ensemble des réacteurs du palier CP0 (les plus anciens réacteurs en service, NDLR) et CPY (soit 28 réacteurs : Blayais, Dampierre-en-Burly, Gravelines, Tricastin, Chinon, Cruas-Meysse et Saint-Laurent-des-Eaux, NDLR), à l’exception de ceux de Fessenheim et du réacteur n°4 de Bugey. »

« Aucune conséquence réelle sur la sûreté »

L’électricien précise que ces « non-conformités n’ont eu aucune conséquence réelle sur la sûreté », soulignant qu’  « il a été démontré l’existence d’une possibilité de repli des réacteurs en cas d’aléa sismique ».

Alors que « les opérations de remise en conformité sont en cours sur l’ensemble des réacteurs », EDF a déclaré, le 31 janvier, au gendarme du nucléaire (l’ASN) « un événement significatif de sûreté générique au niveau 1 » de l’échelle INES qui compte 7 niveaux.

Coïncidence, ce communiqué a été publié le même jour que celui de l’action de 34 militants de Greenpeace à la centrale nucléaire du Tricastin.

La centrale de Cruas avait été à l’arrêt après le séisme du Teil

Le séisme du 11 novembre dernier de magnitude de 5.4, dont l’épicentre se situait au Teil (Ardèche), avait entraîné l’arrêt des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas, située à 15 kilomètres au nord du Teil. Un arrêt de près d’un mois, le temps à EDF mais aussi à des experts de l’autorité de sûreté nucléaire de faire les vérifications nécessaires. « Un capteur sismique accéléromètre sur les cinq que nous possédons a donné l’alerte car il a enregistré la secousse, mais cela ne signifiait pas que les installations n’étaient plus sûres », avait indiqué, en décembre, le directeur de la centrale. L’ASN a aussi demandé à EDF un plan d’investigation aux niveaux des fissures constatées. « Avoir des fissures dans le béton ce n’est pas forcément choquant, mais nous voulions savoir si elles étaient présentes avant le séisme, si elles ont évolué ou pas et si elles sont toujours dans les critères d’acceptabilité. Il s’agissait aussi d’aller voir là où on ne va pas régulièrement », avait précisé le gendarme du nucléaire.

Par Robin CHARBONNIER, publié le 22 février 2020

Photo en titre : Lors de la visite décennale du réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin. Photo Archives Le DL/Fabrice ANTERION

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