DÉMANTÈLEMENT DE FESSENHEIM : OÙ EN EST-ON À BRENNILIS EN BRETAGNE ?

Le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim en Alsace a été arrêté samedi. Son démantèlement devrait prendre 20 ans selon EDF. En Bretagne, le démantèlement de la centrale de Brennilis a pris du retard, il dure depuis plus de 35 ans.

C’est un gros événement pour la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Le premier réacteur s’est éteint samedi. Le second devrait suivre d’ici le mois de juin prochain. EDF, son exploitant, assure que le démantèlement de la centrale devrait prendre 20 ans et se terminer d’ici 2040. 

En Bretagne, à Brennilis (Finistère), la centrale nucléaire est à l’arrêt depuis 1985. Le chantier de démantèlement est toujours en cours et arrive à sa 35ème année. Selon la Commission d’information locale de Brennilis (CLI), les travaux devraient durer au moins jusque 2039, soit plus de 54 ans. En 2017, une mission d’information présidée par le député Julien Aubert avançait un coût final plus de 20 fois supérieur au budget prévisionnel. 

Démanteler Fessenheim en 20 ans : est-ce réalisable ? 

« Je pense que plus les démantèlements auront lieu dans ce pays, plus on va gagner en efficacité. Les protocoles éprouvés par d’autres vont s’affiner« , affirme Armelle Huruguen, la présidente de la CLI de Brennilis. Selon l’élue, le fait que les deux centrales n’utilisent pas les mêmes technologies justifie la différence de temporalité. La centrale de Brennilis était équipée d’un réacteur à eau lourde, « un système unique en son genre » qui justifie la durée des travaux, « car il n’y pas de cas sur lequel prendre exemple« . (Aller sur le site pour écouter Armelle Hurugen, 33s)

La conseillère départementale affirme qu’en termes de transparence et d’information, le travail de la CLI est scruté de près au niveau national. L’expérience de Brennilis devrait beaucoup apporter au démantèlement de Fessenheim : « ce que l’on fait ici, dans le Finistère, est regardé très précisément pour que les choses se passent au mieux ailleurs« . 

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« Je suis plutôt perplexe« , contredit Michel Marzin, ancien employé de la centrale pendant 28 ans. Selon lui, il y a des problèmes communs aux deux centrales qui allongent la durée des travaux : « On n’a pas encore créé d’endroits où déposer les résidus nucléaires. À Brennilis, nous sommes très en retard par rapport à ce qu’on veut faire. Fessenheim va buter sur le même problème. Où met-on les combustibles ?« , s’interroge-t-il.  (Aller sur le site pour écouter Michel Marzin, 36 s)

De même, il reproche le fait que les travaux seraient délégués à des entreprises, « pas assez outillées ou qui travaillent à l’économie« . Or, il prévient : « dans le nucléaire, on ne fait pas d’économies. Soit on fait le travail sérieusement, soit ça coûte cher et ça dure longtemps« . 

Par Romeo Van-Mastrigt, France Bleu Breizh Izel, publié le lundi 24 février 2020 à 5h06 –

Photo en titre : La centrale nucléaire de Brennilis dans le Finistère © Maxppp – Béatrice le Grand

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/demantelement-de-fessenheim-ou-en-est-a-brennilis-en-bretagne-1582476005