À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE DAMPIERRE-EN-BURLY, « LE MOUVEMENT DE CONTESTATION NE S’ARRÊTERA PAS »

Après s’être réunis en assemblée générale ce mardi 3 mars, syndicats et salariés de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly ne comptent pas baisser pavillon. Ce mercredi 4 mars, les agents grévistes prévoient un blocage du site à partir de 6 heures et ce, jusqu’en milieu de matinée.

La décision du gouvernement d’adopter la réforme des retraites sans vote, en recourant à l’article 49-3 de la Constitution a été vue comme un « nouveau coup bas » pour les salariés de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly.

« Ça n’a pas été une surprise, ça nous a même étonnés qu’il n’adopte pas cette loi avant par ordonnance. Encore une fois, le gouvernement n’a pas souhaité débattre sur le fond et a préféré faire passer en force cette réforme par le biais du 49-3« , ironise Jérôme Schmitt, secrétaire national de la fédération Sud énergie.

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À l’appel des syndicats (Sud Énergie, CGT et FO), tout en laissant « une liberté d’action totale aux salariés« , la centaine d’agents réunie en assemblée générale ce mardi après-midi a pu « rediscuter de l’avenir du mouvement et voir quelle tournure il allait prendre« , note-t-il.

Bien décidé à ne pas lâcher le morceau, le personnel gréviste, mobilisé depuis plusieurs semaines, a pris la décision de « bloquer les entrées du site« , mercredi 4 mars, « de 6 à 10 heures, avec des filtrages prévus à partir de 8 heures« . Mais sans pour autant « mettre à mal la sûreté du site« .

Une grève qui dure, mais « la sûreté du site est assurée« 

Ce mouvement sera aussi l’occasion pour les agents de « se montrer solidaires envers un collègue« , convoqué ce même mercredi matin par la direction pour avoir refusé de se soumettre à une demande de sa hiérarchie, vue comme « un manquement aux règles de sûreté« . 

Une nouvelle action de lutte mise en place contre cette réforme des retraites, après avoir notamment retardé de trois semaines le début de l’arrêt de tranche du réacteur numéro 4 et avoir « bloqué les opérations de déchargement du combustible, qui n’ont toujours pas commencé« , de cette même unité de production ces derniers jours (*). Des journées de retard qui « représentent un coût énorme et des pertes de plusieurs millions d’euros » pour EDF, souligne Jérôme Schmitt.

Nous avons pris la décision d’agir sur la durée de l’arrêt de tranche et ainsi de décaler et désorganiser le planning prévisionnel des travaux de maintenance prévus sur le réacteur. La mobilisation ne s’arrêtera pas et la grève continuera jusqu’au retrait de la réforme.

(*) Et ce, alors que « le réacteur numéro 1 du site a été mis en arrêt jeudi 27 février, afin de réaliser une opération de maintenance sur un matériel situé dans la partie non-nucléaire de l’installation ».

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Par Adrien Maridet, publié le 03/03/2020 à 17h03